Le garçon – Marcus Malte

Description par l’éditeur

legarconbando-l-572140Il n’a pas de nom. Il ne parle pas. Le garçon est un être quasi sauvage, né dans une contrée aride du sud de la France. Du monde, il ne connaît que sa mère et les alentours de leur cabane. Nous sommes en 1908 quand il se met en chemin – d’instinct.
Alors commence la rencontre avec les hommes : les habitants d’un hameau perdu, Brabek l’ogre des Carpates, philosophe et lutteur de foire, l’amour combien charnel avec Emma, mélomane lumineuse, à la fois sœur, amante, mère. « C’est un temps où le garçon commence à entrevoir de quoi pourrait bien être, hélas, constituée l’existence : nombre de ravages et quelques ravissements. » Puis la guerre, l’effroyable carnage, paroxysme de la folie des hommes et de ce que l’on nomme la civilisation.
Itinéraire d’une âme neuve qui s’éveille à la conscience au gré du hasard et de quelques nécessités, ponctué des petits et grands soubresauts de l’Histoire, le Garçon est à sa façon singulière, radicale, drôle, grave, l’immense roman de l’épreuve du monde.


Ce que j’en ai pensé

J’ai lu ce livre dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire 2016 (#MRL16) sous l’égide de PriceMinister (Rakuten Group), livre sélectionné par Moka du blog d’Au milieu des livres. Je les remercie vivement donc ainsi que Zulma Éditions pour la copie papier de ce bijou de la littérature française contemporaine. Car, effectivement, il s’agit d’une pépite, d’un joyau, d’une gemme… bref, de la perle rare de cette rentrée que les critiques littéraires tous azimuts à l’exception de quelques esprits éclairés semblent avoir oubliée de lire avant que ce livre atypique ne décroche fin octobre le prestigieux Prix Femina 2016. Depuis fleurissent partout sur le Web des avis dithyrambiques à la surface desquels on sent effleurer la consternation éprouvée par leurs auteurs de n’avoir pas su prêter attention au garçon plus tôt.

Car, ce garçon, on ne peut le voir si on ne le découvre pas. C’est un Vendredi des temps modernes, d’un monde en ébullition dont il n’a pas conscience ayant pour seule compagne la voûte céleste immense, perdu dans les limbes de la Provence.
Ce garçon, on ne connaît ni son âge ni son apparence, on ne sait que de lui qu’il porte sur son dos sa mère mourante, laquelle… meurt finalement. Cet être était son seul univers humain, car, des hommes, il n’en connaît pas ; à l’exception de ce colporteur qui s’était perdu aux confins de leur cabane et dont il avait humé les effluves laissées par son passage, longtemps après qu’il eût quitté les lieux.

Au décès de sa mère, le garçon quitte son nid et part à l’exploration de la vie. De sa vie. On ne saura rien de ce qu’il ressent car le garçon ne parle pas. Il connaît le son de la voix humaine, des flots sonores qui sortaient des tréfonds du corps de sa mère chaque soir quand la nuit fût noire et totale, mais du sens des paroles, il ne sait rien.
Malgré ce défaut de langage à cause duquel le garçon ne dit jamais rien, Marcus Malte réussit à nous impliquer dans la quête d’apprentissage du garçon. À nous émouvoir surtout de ce que le garçon découvre, de ce qu’il est, de ce qu’il devient. L’auteur tisse au fil des pages un roman initiatique inédit en racontant trente années – de 1908 à 1938 – dans l’existence de ce garçon sur la découverte de sa propre vie – et donc du monde -, à travers de tout ce qui lui donne du sens malgré l’absence de parole :  la beauté, le rire, l’amour, la chaleur humaine, le plaisir charnel, la littérature, la musique… mais aussi en exhumant l’absurdité de la Vie en la cruauté cachée en toute chose, la violence inattendue et inexpliquée, la folie meurtrière incontrôlable, l’implacable marche du monde vers l’annihilation insensée, l’avilissement inévitable de la condition humaine.

Un matin il suit le cours d’un ruisseau et bientôt le ruisseau devient rivière et le garçon emprunte son lit et à midi il s’engouffre avec elle dans une brèche pratiquée au milieu d’un gigantesque massif rocheux. Marchant sur des galets laminés par un courant vieux de cent mille millénaires. L’eau est claire et glacée, elle lui monte aux chevilles, aux mollets, à la poitrine quelquefois quand les parois du canyon se resserrent, et alors le garçon en a le souffle coupé et il continue d’avancer la bouche grande ouverte en portant sa sacoche au-dessus du crâne pour la garder au sec. S’il lève les yeux à cet instant il n’aperçoit qu’une lézarde bleue au plafond : c’est là toute la dimension du ciel, la part octroyée par l’ombre à la lumière.

Sur le plan de l’écriture, il y a longtemps, bien longtemps, que la littérature française contemporaine ne nous a pas doté d’un roman de cette facture-là. Celle où le style prévaut sur l’intrigue, celle où le style est tout.
J’ose l’affirmer : le style de Malte est le digne héritier incontestable du style flaubertien auquel on pourrait accommoder une touche proustienne pour l’évocation de réminiscences immémoriales longtemps oubliées.
Albert Thibaudet, un des critiques littéraires les plus influents entre les deux guerres, qui aimait les livres mais plus encore les écrivains, écrivait sur Flaubert qu'”en matière de style, il ne croit pas à des dieux, mais à un dieu. (..) Il n’existe pour chaque idée, pour chaque vision, qu’une façon parfaitement juste de l’exprimer et il faut chercher jusqu’à ce qu’on l’ait trouvée. Alors cette idée et cette vision deviennent quelque chose de définitif et d’éternel, comme l’âme individuelle en union avec Dieu”.

Cette description sied à l’éblouissement qui émane de votre écriture, Monsieur Malte.
Sans l’ombre d’un doute, le grand Flaubert y aurait consenti.

coup-de-coeur

Zulma Éditions
EAN: 978-2-84304-760-2
Parution: 18/08/2016
544 page

challenge12016br logo_rentreelitteraire

La mésange et l’ogresse – Harold Cobert

Description par l’éditeur

la-mesange-et-l-ogresse-couv

« Ce que je vais vous raconter ne s’invente pas. »
22 juin 2004. Après un an d’interrogatoires, Monique Fourniret révèle une partie du parcours criminel de son mari, « l’Ogre des Ardennes ». Il sera condamné à la perpétuité. Celle que Michel Fourniret surnomme sa « mésange » reste un mystère : victime ou complice ? Instrument ou inspiratrice ? Mésange ou ogresse ?
Quoi de plus incompréhensible que le Mal quand il revêt des apparences humaines ?
En sondant les abysses psychiques de Monique Fourniret, en faisant résonner sa voix, jusqu’au tréfonds de la folie, dans un face à face tendu avec les enquêteurs qui la traquent, ce roman plonge au coeur du mal pour arriver, par la fiction et la littérature, au plus près de la glaçante vérité.

Ce que j’en ai pensé

Ceux qui me connaissent savent que je n’abonde pas de passion pour le thriller, surtout pas pour ceux qui versent dans le glauque le plus gluant. Comme on se nourrit de ce qu’on lit, je vous épargne la description du délabrement mental occasionné par la lecture coup sur coup de Misécorde par Jussi Adler-Ossen et cinq thrillers par Maud Tabachnik.

Cette année-là, j’ai donc décidé que les thrillers étaient finis pour moi (à l’exception de mon “chouchou du genre”, à savoir le maître incontesté de l’horreur de tous les temps, Stephen King).

Mais, thriller n’est pas nécessairement polar alors que polar peut être à suspense. Vous me suivez ? Non ? C’est pas grave, moi non plus. Disons que j’aime les polars à la Simenon, à la Mankell. Ah ! Maigret, Wallander… ! J’aime ces flics un peu déboussolés, calmes, ténébreux, torturés, fumant la pipe ou la sèche, avec une épouse fidèle ou en crise maritale, tellement différents mais si semblables dans leur poursuite de la vérité. Comme je les aime ! et, donc, comme j’ai aimé le commissaire Jacques Debiesme ainsi que son équipe d’inspecteurs dont la caractéristique principale est leur humanité avec un grand H.
Car, d’humanité, on en a grandement besoin lorsqu’on s’attèle à décrire les crimes commis par le couple infernal Fourniret. Qu’on se rassure, la qualité d’écriture est telle que la description des violences subies par les victimes est réalisée avec beaucoup de discernement et de respect sans jamais verser dans le sordide ni le voyeurisme. Que cela ne déplaise à certains mais savoir quels ont été les derniers instants des victimes de ces monstres, c’est reconnaître pleinement l’horreur qu’elles n’auraient jamais dû vivre. Par ailleurs, l’assassin est un personnage secondaire, car ce livre est aussi un poignant hommage aux jeunes filles assassinées.

Ce roman du réel s’articule en quatre temps, imbriqués l’un à la suite de l’autre, sans ordre précis en fonction de la temporalité du récit :

  • les crimes relatés par l’angle des victimes (l’auteur les nomme sous un pseudonyme) ;
  • les pensées prêtées à Monique Olivier, épouse Fourniret, par lesquelles on découvre l’histoire de sa vie ; on tente de déchiffrer sa personnalité ; on assiste à la rencontre avec son futur mari et, enfin, à la mise en place de leur mode de fonctionnement en tant que couple, une synergie à finalité meurtrière entre deux rebus humains d’une médiocrité sans pareil ;
  • l’enquête policière proprement dite par le biais des auditions de Monique Fourniret ;
  • les états d’âme des courageux policiers et comment ils font face aux innombrables embûches auxquelles ils sont confrontés afin de pouvoir mettre Michel Fourniret hors d’état de nuire ad vitam eternam.

Vivant en Belgique au moment de l’arrestation du monstre aux lunettes rondes d’argent, à l’aube de l’ouverture du procès d’autres monstres du même genre, l’ogre à la moustache noire et de sa lâche de femme aux longs cheveux jaunes, je me souviens des grands moments de l’enquête – dont le point d’orgue fut la découverte de la participation de Monique Olivier dans les crimes, elle, une mère de famille (encore une !) – ainsi que, plus tard, du procès à Charleville-Maisières. Cependant, avant de lire La mésange et l’ogresse, j’étais bien loin de me rendre compte des tenants et aboutissants de cette enquête policière et du scandale judiciaire, lequel pendait au nez du Royaume, un comble après la série effroyable de méprises et d’incompétences flagrantes dans l’enquête sur les enlèvements de Julie & Mélissa, An & Eefje.

Harold Cobert signe ici un thriller policier haletant, assorti d’une esquisse psychologique d’une rare profondeur, le tout porté par une grande humanité.

Pour ne jamais oublier.

coup-de-coeur

challenge12016br

Plon
ISBN: 9782259230421
ISBN numérique: 9782749151052
Date parution: 18/08/2016
424 pages

Save

Save

Le Poison d’amour – Éric-Emmanuel Schmitt

Description par l’éditeur :

Julia, Anouchka, Colombe et Raphaëlle sont liées par un pacte d’amitié éternelle. Elles ont seize ans et sont avides de découvrir le grand amour. Chacune tient un journal dans lequel elle livre son impatience, ses désirs, ses conquêtes, ses rêves. Mais comment éviter les désastres affectifs que leurs parents affichent au quotidien ? Hier encore des enfants, les quatre adolescentes tombent dans le piège de cette émotion bouleversante, prêtes à entrer dans le domaine mystérieux de l’amour, cette folie qui peut les transformer. Au lycée, on s’apprête à jouer Roméo et Juliette, tandis qu’un drame, aussi imprévisible et fatal que le dénouement de la pièce, se prépare.

Le romancier n’en dit-il pas le plus lorsqu’il se pare d’un masque supposé déformant ? François-Guillaume Lorrain, Le Point.

 

Ce que j’en ai pensé :

Ah l’amour, toujours l’amour ou plutôt la tentation de l’amour et les promesses qu’elle laisse entrevoir… L’amour, le Saint-Graal de l’adolescence, quitte à le confronter à l’amitié. L’amour ou l’amitié? Dilemme vite réglé vous dirais-je.

Le Poison d’amour est un roman sous forme de journal intime adolescent à 4 voix qui se lit facilement tant sa construction est fluide et l’écriture de l’auteur est simple sans jamais être simpliste.
4 adolescentes, meilleures amies, sont en pleine crise identitaire et ont l’amour pour unique objet de convoitise. Ca tombe bien car la pièce de théâtre inscrite au programme de leur école est Roméo et Juliette de Shakespeare.

Je ne vous en dis pas plus. Sachez cependant que l’auteur a su capter avec justesse le mal de peau adolescent, cette période ingrate où rien n’est acquis car la vie recèle mille possibles. Et, pourtant, à peine sortis de l’enfance, nos jeunes croient que leur monde est fini.

“Je me change, je me maquille, je suis la plus heureuse des filles car je vais rejoindre ma bande, je me change, je me parfume, je me change, je me change, je me maquille, je sors, je recours dans ma chambre, je me change, je me coiffe, je me change, je me change puis j’éclate en sanglots : trop moche, je reste chez moi ! On n’a jamais souffert autant que moi…(..)”

trb-liked-it

Albin Michel
EAN: 9782226259950
Date de parution : 01/0’/2014
180 pages

Le Livre de Poche
EAN: 9782253045434
Date de parution : 06/01/2016
168 pages

De profundis – Emmanuelle Pirotte

9782749151045Description par l’éditeur : 

Dans un monde à la dérive, une femme en fuite, une fillette murée dans le silence, et une ancienne demeure habitée d’un secret.

Bruxelles, dans un avenir proche. Ebola III a plongé l’Europe dans le chaos : hôpitaux débordés, électricité rationnée, fanatismes exacerbés. Roxanne survit grâce au trafic de médicaments et pense à suivre le mouvement général : s’ôter joyeusement la vie. Mais son ex-mari succombe au virus, lui laissant Stella, une fillette étrange dont elle ne s’est jamais occupée. Quand une bande de pillards assassine sa voisine, Roxanne part pour un hameau oublié, où l’attend une ancienne maison de famille. La mère et la fille pourront-elles s’adapter à ce mode de vie ancestral et à cette existence de recluses ?

Entre dystopie et conte fantastique, De profundis est un roman hors normes. Une plongée en enfer, doublée d’une fabuleuse histoire d’amour.

Ce que j’en ai pensé :

Aïe, aïe, aïe, pour ma toute première critique inaugurant ce blog, ça commence fort avec un roman que je n’ai pas du tout aimé. 

“Étrange”… écrivent d’autres lecteurs sur Goodreads et Babelio. Étrange roman… Il n’y a rien d’étrange à ce roman. Il est raté, voilà tout.
N’y vais-je pas un peu fort ? Non, je ne pèse pas mes mots. Ce roman est un coup d’épée dans l’eau.

Tout d’abord, que les choses soient claires, je n’ai pas lu Today we live (premier roman de l’auteure) mais j’en ai lu les critiques dithyrambiques. Ce qui signifie qu’à la lecture de De profundis, je n’ai pas pu éprouver de déception par rapport à la qualité du premier travail. Ceci dit, cela a été une grosse désillusion en regard de l’expectation que je nourrissais à découvrir cette auteure.
Deuxième précision : qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas écrit. À mes yeux, ce roman-ci n’est pas bon ; ce qui ne questionne aucunement le travail antérieur et ultérieur de l’auteure ni la qualité de son écriture ou de sa narration dans son ensemble.

A présent, rentrons dans le vif du sujet. Pourquoi clame-je qu’il ne serait pas bon, ce De profundis ? Pour plusieurs raisons, mais je vais en développer que quelques unes sinon ce n’est pas une critique que vous lirez mais un livre (beaucoup moins bien écrit, je le concède volontiers, car la plume d’Emmanuelle Pirotte est son point fort d’où la taille de ma déception. Oui, oui, je me répète) :

1) Dès les premières pages, on est embarqué dans une dystopie. C’est la fin du monde tel qu’on le connaît ; tout le monde crève du virus Ebola III (Ebola III, pourquoi 3, on ne le saura jamais) à gauche et à droite, à même le sol, dans les rues sales et abandonnées de Bruxelles et on a une femme de on-ne-sait-quel-âge – on la devine jeune, je lui ai donné la vingtaine bien sonnée pour découvrir presqu’à la fin du livre qu’elle a 38 ans -, Roxane, qui a, pour seule mission, de survivre dans cet univers hostile avec l’aide de son pote Mehdi. Super, mais… elle est aussi dépressive et pense tous les jours d’en finir avec la vie terrestre. Euh. Ah bon, d’accord. Ni une ni deux, si quelqu’un d’entre vous a vu ou lu les The Walking Dead ou encore La Route, on sait d’emblée que les dépressifs ne font pas long feu. Bref, c’est pas crédible.

2) On n’a aucune explication sur les raisons de l’emballement du virus d’Ebola, enfin du    n° 3 du virus. Soit. Ce n’est pas grave, on est dans un roman d’anticipation, voyons plutôt comment la société humaine survivante s’organise. Rappelez-vous qu’on crève à ciel ouvert mais voici que l’ex-mari de Roxane a eu le bénéfice de pousser son dernier soupir dans un lit propret aux draps blancs (bon, ce n’est pas tip top comme ça dans le livre, mais c’est sous-entendu). Via son avocat, il fait savoir à Roxane que leur fille âgée de huit ans, Stella, va se retrouver orpheline. Que va-t-elle devenir ? Option 1 : elle va chez sa maman suicidaire. Option 2 : elle est recueillie dans un orphelinat haut de gamme où elle ne manquera de rien. Hein ???? Je croyais qu’Ebola troisième du nom frappait tous sans distinction de classe et de milieu ET que la civilisation se liquéfiait au fil des pages. Comment voulez-vous qu’un orphelinat puisse encore être debout, aussi select soit-il ???

3) …. Non, j’arrête là. Je vous épargne les innombrables invraisemblances du récit et les rebondissements de l’intrigue aussi gros comme le nez au milieu du visage. Sachez cependant que la dystopie disparaît complètement pour laisser place au surnaturel avec une teinte de thriller. De nombreuses pistes sont envisagées puis abandonnées aussitôt (comme la famille dans la forêt, mais quel gâchis). L’auteure n’a pas réussi à se positionner ni pour définir le genre de fiction ni dans la psychologie des personnages (Stella est quoi à la fin ? Locked-in syndrome, Asperger, hypersensible ?) ou n’a peut-être pas “voulu” se positionner balayant ainsi les genres littéraires les plus courus du moment afin de plaire au plus grand nombre ?
Quant à la “formidable histoire d’amour” ainsi décrite sur la 4e de couverture, par pitié, elle est… risible.

Enfin, passez votre chemin, prenez La Route ou allez vraiment en De profundis en compagnie d’Oscar Wilde.
TRB

Cherche Midi Editeur
ISBN: 9782749151045
ISBN numérique: 9782749151052
Date parution: 25/08/2016
288 pages

This book has been recently published and is not yet available in English.

challenge12016br