La steppe – Salle 6 – L’évêque – Anton Tchékhov


La-steppe
J’ai découvert Tchékhov par son théâtre. Mais c’est la passion littéraire d’un professeur de médecine – il avait l’art d’inclure des citations du grand auteur russe dans son cours de maïeutique –  qui nous a fait découvrir les nouvelles de Tchékhov car, Tchékhov, avant d’être reconnu comme écrivain était d’abord médecin. Un soignant à l’écoute de ses patients, tellement à l’écoute qu’il observait les infimes détails de la vie de ses concitoyens de tous les strates sociales, dans la santé ou dans la maladie, riches ou pauvres, libres ou condamnés aux travaux forcés. Ce qui caractérise l’oeuvre de Tchékhov est son humanisme “désengagé”. À l’image du médecin, l’écrivain Tchékhov constate, dépeint, raconte mais ne juge pas.

Dans La steppe, un enfant de huit ans est envoyé à l’école à l’autre bout du pays. Pour pouvoir lui offrir une éducation, sa mère doit s’en séparer afin de l’envoyer à l’école à l’autre bout du pays. C’est l’oncle de l’enfant, homme d’affaires stressé par les impératifs de son négoce, qui est chargé d’amener l’enfant à bon port. Négociant en laine, il est sur le point d’accompagner le convoi commercial quand, contraint par d’autres affaires urgentes, il s’empresse de “fourguer” le petit au groupe de convoyeurs chargé du transport de la laine. Quel oncle peu scrupuleux, pourrait-on déduire mais ce n’est pas l’objectif du récit, lequel s’articule autour du ressenti de ce tout jeune enfant seul avec des inconnus, face à l’immensité de la steppe.
Dans Salle 6, la nouvelle met en scène un triste héros, le médecin Raguine, aux prises de son examen de conscience où beaucoup de thèmes sont passés en revue : le jeu de pouvoir, la nature de la folie, le pourquoi de la souffrance, la question de la maltraitance…
Dans L’évêque, Tchékhov aborde l’éternel questionnement sur le sens de la vie qu’on ne manque pas de se poser quand la fin s’approche. Et, pour Tchékhov, il était à peine diplômé en médecine quand il a vue cette fin venir. Il n’a que 24 ans quand il contracte la tuberculose, inguérissable à son époque, âge où l’on ne pense qu’à embrasser la vie. En l’espace de vingt ans, il a soigné et sauvé des vies, mis sa famille à l’abri du besoin, amélioré les conditions de vie des bagnards, écrit et révolutionné l’histoire du théâtre. Rien que ça.

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“Petite” rentrée littéraire 2017

Il s’agissait bien sûr de la rentrée littéraire d’hiver, de janvier et février 2017. Elle n’a “petite” que dans l’expression car pas moins de 517 romans furent publiés (337 romans français et 180 étrangers sans compter les 74 essais). En ce début d’année de 2017, les grosses pointures se firent discrètes et c’était tant mieux car j’aime sortir hors des sentiers battus !

Ma liste de lecture fut comme suit:

La sonate oubliée par Christiana Moreau (Préludes) : billet sur Goodreads. Le livre ne m’a pas plu du tout. Dommage. (Merci à Préludes pour leur copie sur NetGalley.)
Vie de ma voisine par Geneviève Brisac (Grasset) via NetGalley : billet sur Goodreads. (Merci à Grasset pour leur copie sur NetGalley.)
Lonely Child par Pascale Roze (Stock) via NetGalley. (Merci à Stock pour leur copie sur NetGalley.)
Je vous aimais, terriblement par Jeremy Gavron (Sonatine) via NetGalley: chronique en cours. (Merci à Sonatine pour leur copie sur NetGalley.)
Médecin de combat par Denis Safran et Vincent Rémy (Grasset) via NetGalley. (Merci à Grasset pour leur copie sur NetGalley.)
Mon citronnier par Samantha Berendson : chronique en cours.
Ce que tient ta main droite t’appartient par Pascal Manoukian (Don Quichotte) : un petit mot sur Goodreads.
Romain Gary s’en va-t-en guerre par Laurent Seksik (Flammarion).

La petite fille au dé à coudre par Michael Köhlmeier (Jacqueline Chambon) : billet sur Goodreads. 
Après Anna
par Alex Lake (Flammarion)
 : critique sur Goodreads.

Une France soumise – Les voix du refus  sous la direction de Georges Benssousan (Albin Michel) – En cours de lecture

 

Rentrée littéraire 2016

Livres lus et chroniqués

(Cliquez sur le titre pour accéder à la chronique)
  • De profundis par Emmanuelle Pirotte (Cherche Midi) * Merci Cherche Midi pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • La mésange et l’ogresse par Harold Cobert (Plon* Merci à Plon pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Les forêts profondes par Adrien Absolu (JC Lattès) * Merci à JC Lattès pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Chanson douce par Leïla Slimani (Gallimard).
  • Devenir Christian Dior par François-Olivier Rousseau (Allary Éditions) * Merci à AE pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Le garçon par Marcus Malte (Zulma) (via #MRL16).
  • La ballade de l’enfant-gris par Baptiste Beaulieu (Fayard) (pas de post, mais chronique sur Goodreads) * Merci à Fayard pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Marie des Adrets par Antonin Malroux (Calmann-Lévy) (pas de post, mais chronique sur Goodreads) * Merci à Calmann-Lévy pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • 14 juillet par Éric Vuillard  (Actes Sud) (pas de post, mais chronique sur Goodreads).
  • Petit pays par Gaël Faye (Grasset) * Merci à Grasset pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Anna par Niccolò Ammaniti (Grasset) – Coup de coeur ! * Merci à Grasset pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Le goût de vivre par Steven Uhli (Presses de la Cité) * Merci aux Presses de la Cité pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • L’extase totale. Le IIIe Reich, les Allemands et la drogue par Norman Ohler (La Découverte) * Merci à La Découverte pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Monsieur Origami par Jean-Marc Ceci (Gallimard)

 

Lus mais non chroniqués

  • Les derniers jours de Mandelstam par Vénus Khoury-Ghata (Mercure de France) – Coup de coeur ! 5 étoiles !
  • L’autre qu’on adorait par Catherine Cusset (Gallimard) – Coup de coeur ! Mon Goncourt 2016. 5 étoiles !
  • Zinc par David Van Reybrouck (Actes Sud) – Coup de coeur! 5 étoiles !
  • Judas par Amos Oz (Gallimard) (littérature israélienne)  Coup de coeur ! 5 étoiles !
  • Nos 14 novembre par Aurélie Sylvestre (JC Lattès) **** (4/5)
  • À tombeau ouvert par Bernard Chambaz (Stock) *** (3/5)
  • L’archipel d’une autre vie par Andreï Makine (Seuil) **** (3,75/5)
  • Bronson par Arnaud Sagnard (Stock) via Netgalley *** (2,75/5)
  • La nuit avec ma femme par Samuel Benchetrit (Plon) **** (4/5)

 

En cours de lecture

Les contes défaits par Oscal Lalo (Belfond)
Ginette Kolinka par Philippe Dana (Editions Kero) via Netgalley


Nouveaux romans que j’envisageais de lire mais que je vais ajouter à ma PAL déjà pantagruélique :

Au commencement du septième jour par Luc Lang (Stock) via Netgalley
Agatha
 par Françoise Dargent (Hachette) via Netgalley
Cannibales
 par Régis Jauffret (Seuil) (acheté)
La danse des vivants par Antoine Rault (Albin Michel) (acheté)
La suture par Sophie Daull (Philippe Rey) (acheté)
Le grand jeu par Cécile Minard (Payot & Rivages) (cadeau d’anniversaire)
Oscar De Profundis
 par Catherine Mavrikakis (Sabine Wespieser Éditeur) (acheté)
Peschblende par Jean-Yves Lacroix (Albin Michel) (acheté)
Tropique de la violence par Natacha Appanah (Gallimard) (acheté)
Vera Kaplan par Laurent Sagalovitsch (Buchet Chastel) (acheté)
Écoutez nos défaites par Laurent Gaudé (Actes Sud) (acheté)

Et de la littérature étrangère non-anglophone en français

Ce qu’il reste de la nuit 
par Ersi Sotiropoulos (Stock) (acheté) (littérature grecque)
Dans l’île
 par Thomas Rydahl (Belfond) via Netgalley (littérature danoise)
Hôtel Universal
 par Simona Sora (Belfond) via Netgalley (littérature roumaine)
L’échange par Eugenia Almeida (Metaillé) (acheté) (littérature argentine)
L’ultime humiliation
 par Rhéa Galanaki (Galaade Editions) (acheté) (littérature grecque)
Note: je mets ici  The Little Red Chairs par Edna O’Brien que je lirai en anglais, car j’aime beaucoup la maison d’édition, Sabine Wespieser Éditeur, qui a publié le 8 septembre dernier sa traduction en français, Les petites chaises rouges (littérature irlandaise) 


Par ici, les essais de la rentrée littéraire !

Charlotte Delbo, la vie retrouvée par Ghislaine Dunant (Grasset) (acheté)
De bruit et de fureur par Virginie de Clausade (Plon) via Netgalley
Laetitia ou la fin des hommes par Ivan Jablonka (Seuil) (acheté)
Le génie de la laïcité 
par Caroline Fourest (Grasset) via Netgalley
Quatorze mois
 par Carine Russo, publié le 1er août 2016 (Renaissance du Livre) (acheté)
Sans consentement
 par John Krakauer (Presses de la Cité) via Netgalley (traduit de l’américain)
Un roman d’Allemagne 
par Régine Robin (Stock) via Netgalley

 

Mitteleuropa – Olivier Barrot

Gallimard, coll. « Blanche », mars 2015, 112 pages.


Lu le 18/11/16 dans le cadre de l’Objectif PAL

Pour la petite histoire en guise de préambule à ce billet qui sera très court, il est utile de savoir qu’Olivier Barrot est le concepteur et présentateur de l’excellente émission Un livre un jour sur France 3.

Depuis l’adolescence, Olivier Barrot n’a eu de cesse de partir à la rencontre de la Mitteleuropa, cet insaisissable territoire uni au long des siècles par le partage de la langue allemande. C’est en lisant et en voyageant qu’il s’est approprié les mille facettes de cette vaste Europe centrale dont le propre est justement de n’avoir pas de centre, d’être en quelque sorte voisine du monde, et le berceau de tant d’émigrants célèbres.
Exercice de cartographie littéraire, le présent livre raconte les voyages, lectures, films et musiques qui ont permis à Olivier Barrot de renouer petit à petit le fil avec la lointaine Bessarabie, l’actuelle Moldavie, d’où sa famille maternelle est partie un jour, au début du XXe siècle pour s’installer en France. (4e de couverture.)

Mitteleuropa, meine Liebe…

Olivier Barrot sillonna les routes de Mitteleuropa dans les années 60 et 70, c’est-à-dire de l’autre côté du rideau de fer. Ce livre est un recueil des impressions ressenties et expériences vécues lors de ces voyages, agrémentées de références culturelles diverses que ce soit dans le domaine du cinéma, de la littérature, des arts plastiques ou de la musique. On retrouve, entre autres, Alexanderplatz d’Alfred Döblin pour Berlin (littérature) et The Third Man de Carol Reed pour Vienne (cinéma).
Le livre en soi propose une agréable lecture mais on n’en garde que peu après l’avoir refermé. C’est dommage car c’est une livre très fouillé malgré son petit nombre de pages. Pour qu’on puisse être sur d’en tirer le maximum des connaissances qu’il contient, il ne faut pas le classer dans sa bibliothèque avec les récits et romans mais sur les étagères destinés aux livres historiques et/ou de voyage où il peut être consulté à l’envi.

Ma note : 3,5/5

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Idylle avec chien qui se noie – Michael Köhlmeir

Traduit de l'allemand (Autriche) par Stéphanie Lux,
 Ed. Jacqueline Chambon, avril 2011, 96 pages.

Lu le 11/11/2016 dans le cadre de l’Objectif PAL

29511914Quel petit ouvrage intriguant que celui-ci. À prime abord, il s’agirait de la relation entre deux hommes : le premier, le narrateur du livre, est un écrivain à la cinquantaine bien campée qui vit avec son épouse dans une maison au coeur des montagnes autrichiennes ; le deuxième, le Dr Beer, éditeur des livres du narrateur, est invité chez le couple pour travailler sur le manuscrit du troisième livre de l’écrivain. On comprend très vite que recevoir chez lui son éditeur met le narrateur franchement mal à l’aise, ne sachant pas s’il faut le tutoyer, l’appeler par son prénom et autres trivialités du genre. L’épouse du narrateur ne s’inquiète pas de ces formalités non essentielles, elle qui est tout occupée à transformer son salon en jungle tropicale. Bref, il est clair que l’arrivée du Dr Beer va bousculer les habitudes de vie du narrateur jusqu’à pousser celui-ci dans les retranchements les plus secrets de son âme.
Au détour des lignes, on se défait de l’impression que l’histoire concernerait une amitié naissante entre ces deux hommes car on s’embarque sur les chemins du deuil et de la perte, de la solitude et de la création, des questions autour de la parentalité et du couple à un âge où l’on n’en a plus l’habitude d’en parler. Et, enfin, de l’abnégation au service du sens de la vie, à un moment où on ne l’attendait plus, et qui va se manifester de la façon la plus inattendue qui soit jusqu’à former une idylle avec un chien qui se noie.

Ma note : 4/5

Objectif PAL

Eh, oui, malgré toutes ces incroyables nouvelles publications littéraires, il ne faut pas dénigrer les anciennes qui nous attendent sagement sur les étagères de notre bibliothèque, sur un coin de table, sous le lit ou encore sur le repose-pieds dans le cabinet des WC !

À partir du mois de novembre, le temps de lecture sera donc en partie dévolu à la lecture de livres issus de cette PAL (pile à lire), laquelle est gargantuesque, titanesque, prométhéenne. Bref quasi insurmontable. Qu’à cela ne tienne, c’est en forgeant qu’on devient forgeron et comme Rome ne s’est pas construite en un jour non plus, voici le détail de mes maigres tentatives visant à rendre cette PAL de taille plus humaine.

Une sale rumeur – Anne Fine
Léon et Louise – Alex Capus
Idylle avec chien qui se noie – Michael Köhlmeier
La saison des ténèbres – Richard Bausch
Deux messieurs sur la plage – Michael Köhlmeier
Mon frère est parti ce matin – Marcus Malte
Mitteleuropa – Olivier Barrot
The Remains of the Day – Kazuo Ishiguro
Je vous écris dans le noir – Jean-Luc Seigle
Réparer les vivants – Maylis de Kérangal
La meute – Yann Moix
L’extase totale – Norman Ohler 
La steppe – Salle 6 – L’évêque – Anton Tchékhov
Non lavate questo sangue. I giorni di Genova – Concita De Gregorio
Working Stiff – Judy Melinek
Monsieur Origami – Jean-Marc Ceci
The Door – Magda Szabó
The Handmaid’s Tale – Margaret Atwood
Simone, éternelle rebelle – Laurence Briand
D’après une histoire vraie – Delphine de Vigan
Sukkwan Island – David Vann

 

Modern Poisons – Alan Kolok

Modern Poisons: A Brief Introduction to Contemporary Toxicology by Alan Kolok

Book Description by Island Press

27837564Traditional toxicology textbooks tend to be doorstops: tomes filled with important but seemingly abstract chemistry and biology. Meanwhile, magazine and journal articles introduce students to timely topics such as BPA and endocrine disruption or the carcinogenic effects of pesticides, but don’t provide the fundamentals needed to understand the science of toxicity. Written by a longtime professor of toxicology, Modern Poisons bridges this gap.

This accessible book explains basic principles in plain language while illuminating the most important issues in contemporary toxicology. Kolok begins by exploring age-old precepts of the field such as the dose-response relationship and the concept, first introduced by Ambroise Paré in the sixteenth century, that a chemical’s particular action depends on its inherent chemical nature. The author goes on to show exactly how chemicals enter the body and elicit their toxic effect, as well as the body’s methods of defense.

With the fundamentals established, Kolok digs into advances in toxicology, tracing the field’s development from World War II to the present day. The book examines both technical discoveries and their impacts on public policy. Highlights include studies of endocrine-disrupting chemicals in toiletries and prescriptions, the emerging science on prions, and our growing understanding of epigenetics.

Readers learn not only how toxic exposure affects people and wildlife, but about the long-term social and environmental consequences of our chemicals. Whether studying toxicology itself, public health, or environmental science, readers will develop a core understanding of—and curiosity about—this fast-changing field.

My review

Toxicology brought to you in a simple, educative but thoroughly manner. A very enjoyable and informative read.
Everyone should read this book, which is scientific literature made accessible, in order to make responsible choices in our everyday lives concerning use of medication, toiletries, gardening products, etc. Because toxicology is no longer confined in highly secured laboratories but is everywhere around us: in the air we breathe and the water we drink.

This is toxicology for everyone! I hope it will be translated in several languages. A top read.

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Via Netgalley: many thanks to Island Press for a ebook copy in exchange of an honest review.

https://www.goodreads.com/review/show/1785146275

Publisher: Island Press
ISBN: 9781610913829
Pub Date: May 2016

Umberto Eco’s semiotics on Trump’s ideology

The late Italian literary genius, Umberto Eco, was a semiotician. He was an expert on meaningful communication, scientifically known under the name of semiotics – a part of linguistics that studies meaning-making, thus the meaning of language.
In the following article, we can use some semiotic key elements to comprehend the essence of Trump’s ideology: http://lithub.com/umberto-eco-on-donald-trump-14-ways-of-looking-at-a-fascist/

In a world where maths are more valued than linguistics, semiotics may help to untangle the core meaning in all the current speeches and presidential debates in order to understand the true mind of the people who give them and participate in them.

It’s a fact: maths will help you learn how to fly a plane, not how to vote.