Concours pour le Paradis – Clélia Renucci

Présentation par l’éditeur

9782226392015-j

« Tout était dévasté, consumé, calciné. C’est de cet enfer qu’allait renaître le Paradis. »

Dans le décor spectaculaire de la Venise renaissante, l’immense toile du Paradis devient un personnage vivant, opposant le génie de Véronèse, du Tintoret et des plus grands maîtres de la ville. Entre rivalités artistiques, trahisons familiales, déchirements politiques, Clélia Renucci fait revivre dans ce premier roman le prodige de la création, ses vertiges et ses drames.

 

 

Ce que j’en ai pensé

Pour les Matchs de la rentrée littéraire Rakuten 2018 #MRL18, mon choix s’est porté sur un roman qui traite de l’art. L’art, encore l’art, toujours l’art. Surtout la peinture, je ne m’en lasse pas, c’est comme si tout mon âme doit s’en paître, voire même carrément s’y vautrer jusqu’à y être absorbée, résorbée par elle. Et, malgré tout ça et à mon grand désespoir, je suis une klet* irrécupérable en dessin.

Bref, on s’éloigne du sujet de ce billet, à savoir qu’un certain concours pour le Paradis (un toile dépeignant le seul et l’unique car écrit avec un grand P, ça ne plaisante pas) eut lieu à Venise à la fin du XVIe siècle, opposant les plus artistes de l’époque dont notamment Véronèse et Le Tintoret. Sur la ligne de temps de l’histoire de l’art, nous sommes donc à la fin du Cinquecento, c’est-à-dire à la toute fin de la période dite de la Haute Renaissance ou Renaissance tardive, juste avant l’avènement du barocco. Sur l’échiquier géopolitique de l’époque, Venise est loin d’être une “simple” ville de taille imposante même si elle est aussi prénommée la Cité des Doges. En effet, Venise est une république, un véritable État disposant de son propre attirail législatif et pouvoir exécutif tout en étant une puissance commerciale et maritime redoutable. En effet, la république de Venise, dite la Sérénissime, née en 697, est le carrefour le plus important du commerce européen méditerranéen avec l’Orient. Jusqu’aux découvertes d’autres routes vers les Indes par de Gama, Magellan… au siècle précédent dont l’exploitation déplaceront petit à petit le point d’ancrage du commerce avec l’Orient vers Gênes, sa rivale maritime de toujours.

C’est dans ce contexte d’amorce vers ce déclin de la Sérénissime en tant que puissance commerciale que le roman débute dans la nuit du 20 décembre 1577 au cours de laquelle le Palais des Doges brûle. On frôle la catastrophe ultime, l’incendie risquant d’atteindre la salle d’Armes avec ses réserves de poudre, jusqu’à ce qu’un orage providentiel éclate et la pluie éteigne le feu. Cependant, les dégâts sont incalculables : « Rien ne subsistait des fastes de la salle du Grand Conseil, ni les bancs des patriciens, ni la tribune sculptée dans un bois précieux, ni les dizaines portraits des doges répartis en frise en dessous du plafond aux cadres dorés à l’or fin. De l’immense fresque représentant le Paradis, ils distinguèrent à peine quelques fragments. Les splendeurs de la République avaient été réduites en cendre. »
La Sérénissime, s’étant à peine remise de la plus effroyable épidémie de peste de son histoire, pendant laquelle mourut le plus vénérable des peintres vénitiens, le Titien, les autorités de la Cité ne pouvaient se résoudre à accepter la perte du Paradis et décidèrent de la faire renaître de sa dévastation par les flammes. Cette décision prise, une autre question se posa : qui sera le peintre désigné pour réaliser ce chef-d’oeuvre éblouissant ? Véronèse ? le Tintoret ? Bassano ? Le seul moyen de les départager sera d’organiser un concours et c’est ainsi que commencera la valse des faux-semblants, flagorneries, ruses, volte-faces sur fond de tragédies familiales et d’alliances politiques.

Le concours durera le temps de quelques carnavals mais la réalisation du Paradis s’étendra au total sur vingt-huit ans.

Tant de sacrifices, de larmes, de regrets, de peines au nom de  quoi ? De l’art céleste, ce but irréalisable que chaque peintre tente d’atteindre ? Non, je me trompe, tout ça pour que la beauté subsiste dans le coeur des hommes. Oui, c’est ça, j’en suis sûre car, sans la beauté terrestre, serait-il encore possible d’envisager un jour de regarder le paradis en face ?

*Mot délicieux en bruxellois (brusseleir) pour décrire quelqu’un de nul. Talent zéro, quoi.


Ma note
: 4/5
. Un excellent premier roman, malgré quelques longueurs, dûment documenté à l’écriture précise et sans envolées lyriques (c’est un compliment), une sacrée gageure au vu du caractère flamboyant des personnages dont Venise elle-même.

Albin Michel
19.00 €
22 août 2018
EAN13 : 9782226392015

 

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Un monde à portée de main – Maylis de Kerangal

Présentation par l’éditeur

41RQpVCnHTL._SX348_BO1,204,203,200_« Paula s’avance lentement vers les plaques de marbre, pose sa paume à plat sur la paroi, mais au lieu du froid glacial de la pierre, c’est le grain de la peinture qu’elle éprouve. Elle s’approche tout près, regarde : c’est bien une image. Étonnée, elle se tourne vers les boiseries et recommence, recule puis avance, touche, comme si elle jouait à faire disparaître puis à faire revenir l’illusion initiale, progresse le long du mur, de plus en plus troublée tandis qu’elle passe les colonnes de pierre, les arches sculptées, les chapiteaux et les moulures, les stucs, atteint la fenêtre, prête à se pencher au-dehors, certaine qu’un autre monde se tient là, juste derrière, à portée de main, et partout son tâtonnement lui renvoie de la peinture. Une fois parvenue devant la mésange arrêtée sur sa branche, elle s’immobilise, allonge le bras dans l’aube rose, glisse ses doigts entre les plumes de l’oiseau, et tend l’oreille dans le feuillage. »

Ce que j’en ai pensé

Nous suivons ici la vie d’une jeune femme, Paula Karst, entre sa vingtième et vingt-septième année dans la plus pure tradition du roman de formation. Nous partageons ses ennuis, ses doutes, ses questionnements, ses émotions et nous assistons à l’éclosion de ses sentiments amoureux ; nous sommes contents qu’elle s’est fait des amitiés durables et nous partageons la sueur perdue due à son dur labeur pour l’apprentissage ingrat de la technique du trompe-l’oeil ; nous fêtons avec elle l’obtention du prestigieux diplôme tant convoité, nous souffrons de ses nombreuses déconvenues professionnelles et nous poussons finalement un soupir de soulagement à une certaine sérénité retrouvée à l’aube de sa trentaine. En fin de compte, c’est une histoire banale d’une tranche de vie banale d’une fille toute banale. Et, pourtant, ce livre est un chef-d’oeuvre d’écriture au service d’un art(isanat) méconnu, celui du trompe-oeil. Ainsi, dans la plus pure tradition du roman de recherche, nous apprenons tout, mais absolument tout, sur la technique tellement spécifique de peinture sur marbre, sur bois et même sur écaille de tortue, et ce, avec un enchantement presque enfantin grâce à la langue sublime de Maylis de Kerangal à un point tel qu’on s’est dit qu’on a raté sa vocation et qu’il nous reste plus qu’à rencontre la dame au col roulé noir de l’institut de Peinture de la rue du Métal pour nous supplier de nous prendre dans son cours. Cependant, décrire la technique du trompe-l’oeil n’est qu’un prétexte pour balayer en filigranes plus de 15000 années d’histoire de l’art en remontant la lignée à partir des studios dédiés aux décors du 7e art du Mosfilm d’aujourd’hui et du Cinecittà d’hier jusqu’à l’art rupestre du début des temps de l’humanité, intemporel tant que l’humain subsistera et même au-delà, celui de l’art originel, brut, universel des grottes de Lascaux.

Ma note : 5/5 et même au-delà. Un coup de coeur !

Éditions Verticales
Paru le 16 août 2018
ISBN 978-2-07-279052-2
288 pages
20.00 Euro

Harry et Franz – Alexandre NAJJAR

Rentrée littéraire 2018

51l-fsyOWPL._SX319_BO1,204,203,200_Description par l’éditeur

– Dans notre travail, monsieur l’abbé, nous nous appuyons tout d’abord sur la rumeur, en partant du principe qu’il n’y a pas de fumée sans feu, puis nous l’étayons par des éléments de preuve réunis par nos soins.
– Et que dit la rumeur dans le cas de Baur ?
– Harry Baur a interprété des rôles de juifs dans plusieurs films, ce qui n’est pas anodin.”

Harry et Franz est le roman d’une rencontre inattendue entre l’un des plus grands acteurs français de l’entre-deux-guerres, Harry Baur, incarcéré et torturé par les nazis, et un aumônier allemand, l’abbé Franz Stock, qui assistait avec abnégation les prisonniers français.

Deux êtres d’exception, à la fois opposés et complices. Un hymne à la paix et à la fraternité à une époque où l’extrémisme, l’obscurantisme et l’arbitraire tenaient lieu de droit.

Mon avis

Autant l’annoncer d’emblée, je n’ai pas aimé l’écriture. Je l’ai trouvée trop linéaire. Ensuite, les protagonistes m’ont semblé trop plats, en 2D au lieu d’en 4D, j’aurais voulu un peu plus d’introspection et d’analyse de leurs états d’âme. Bref, c’est mon simple ressenti.
Le récit est intéressant quoique entièrement romancé : le personnage d’Émilie n’a pas existé, ce n’est pas important, je l’accorde. Ce qui l’est en revanche est de savoir si la rencontre entre Harry et Franz s’est réellement produite. L’auteur nous narre dans la postface qu’il avait l’intuition selon laquelle l’abbé Franz Stock avait rendu visite en prison en tant qu’aumônier au comédien Harry Baur, lequel était incarcéré pour d’obscures raisons paranoïaques dans le chef de l’Occupant nazi. Une intuition confirmée plus tard par une inscription (dans un journal, un registre, j’ai oublié) découverte de façon fortuite (ce qui présupposait aucun effort de recherche de l’auteur dans ce sens) qu’une rencontre avait effectivement eu lieu. Mais était-ce suffisamment pour y baser tout un roman? La réponse peut être par l’affirmative si cette information avait été donnée au lecteur dans une préface au roman. De cette façon, sauf exception d’une interprétation maladroite de ma part, je n’aurais pas confondu faits inventés (roman historique) avec faits réels (histoire vraie romancée).

Ma note : 3/5

© Éditions Plon, 210 pages, 17,90 Euro
Parution le 30 août 2018
ISBN : 978-2-259-26499-0

Merci à PLON pour leur copie sur NetGalley France

Rentrée littéraire 2018

La voici de retour, cette rentrée littéraire, avec son déferlante de nouveaux titres et où les bestsellers se font la part belle et les pépites se cachent en attente d’être trouvées.
À mon grand dam, il arrive parfois qu’on ne découvre jamais ces dernières ou alors très tard.
Une de mes missions pour cette rentrée littéraire est de privilégier la qualité sur la quantité (donc point de challenge 1% cette année, enfin au rythme où je suis partie, on va frôler les 5 %) en vue d’essayer de trouver le livre qui me fasse vibrer sur le plan littéraire.

 

Livres lus

51l-fsyOWPL._SX319_BO1,204,203,200_Harry et Franz par Alexandre Najjar (Éditions PLON) via NetGalley France : lecture mitigée pour ma part mais aux nombreuses qualités néanmoins. Voir mon billet.

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Un monde à portée de main par Maylis de Kerangal (Éditions Verticales) : une écriture éblouissante au service de l’art du trompe-oeil pour ce roman de formation. Par ici pour mon avis et c’est un coup de coeur 🙂

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Le dernier bain par Gwenaële Robert (Robert Laffont) : la narration, digne du meilleur policier, des jours précédant l’assassinat du sinistre Marat. Excellentissime.

La vraie vie par Adeline Dieudonné (L’Iconoclaste) : un pur produit marketing. Si mon avis vous intéresse, vous pouvez le retrouver sur Goodreads.

41217299À son image par Jérôme Ferrari (Actes Sud) : mon tout premier Ferrari et un autre coup de coeur de cette rentrée. Un roman dense et complexe sur à peine 155 pages à l’écriture précise et émouvante. Ce livre recèle tellement de pistes de réflexion qu’il me faut du temps pour écrire une chronique quelque peu à son hauteur.

 

41197846Tenir jusqu’à l’aube par Carole Fives (Gallimard) : un excellent roman social sur la condition féminine dans nos sociétés occidentales post-modernes.

41215388Frère d’âme par David Diop (Seuil) : les ravages de la Grande Guerre endurées par un tirailleur sénégalais. Ecriture originale, histoire poignante mais fin étrange.

 

 

Pêche par Emma Glass (Flammarion): c’était quoi ce délire ? Une métaphore vegan ? Lu en anglais, je ne vous en parlerai pas.

41543576Elsa mon amour par Simonetta Greggio (Flammarion) : malgré tout l’amour portée par l’auteure à son sujet, cette biographie romancée de la grande Elsa Morante est une légère déception.

41461257Par les écrans du monde par Fanny Taillandier (Seuil) : la journée du 11 septembre 2001 vécue par trois personnages, l’une dans le WTC, l’autre à Logan Airport et le dernier dans le vol AA11, et ce, par l’intermédiaire des écrans.

 

41038825Un tournant de la vie par Christine Angot (Flammarion) : il n’y a qu’Angot pour être un maître l’art de l’auto-fiction et c’est très réussi !

40727963Moi, Marthe et les autres par Antoine Wauters (Éditions Verdier) : une courte dystopie pour découvrir cet auteur belge. J’adore les dystopies et j’aime la littérature belge mais, là, ça n’a pas trop collé…

9782283031353-340fcMade in Trenton par Tadzio Koelb (Buchet-Chastel) : lu en anglais sous le titre original de Trenton Makes, c’est mon premier coup de coeur littérature étrangère (États-Unis) de cette cuvée littéraire 2018. Premier roman fascinant à l’écriture poétique, parfois déroutante, et histoire à la fois originale et perturbante.

 

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Je reste ici par Marco Balzano (Éditions Philippe Rey) : lu en italien sous le titre originale de Resto qui, c’est mon deuxième coup de coeur littérature étrangère (Italie). Une merveille de roman historique qui lève le voile sur le déchirements qu’ont connus les habitants de région de l’Alto Adige sous joug du fascisme et du nazisme et, puis, du capitalisme
.

9782226392015-jConcours pour le Paradis par Clélia Renucci (Albin Michel) : un excellent premier roman sur la création d’une fresque immense pour la Salle du Conseil du Palais des Doges à Venise. On y croise Véronèse, Le Tintoret, Bassano… les plus grands artistes de la Sérénissime du XVIe siècle. Lisez ma chronique.

 

En cours de lecture

Il est déjà demain par Henri Lopes (Éditions Jean-Claude Lattès) via NetGalley

La steppe – Salle 6 – L’évêque – Anton Tchékhov


La-steppe
J’ai découvert Tchékhov par son théâtre. Mais c’est la passion littéraire d’un professeur de médecine – il avait l’art d’inclure des citations du grand auteur russe dans son cours de maïeutique –  qui nous a fait découvrir les nouvelles de Tchékhov car, Tchékhov, avant d’être reconnu comme écrivain était d’abord médecin. Un soignant à l’écoute de ses patients, tellement à l’écoute qu’il observait les infimes détails de la vie de ses concitoyens issus de tous les strates sociales, dans la santé ou dans la maladie, riches ou pauvres, libres ou condamnés aux travaux forcés. Ce qui caractérise l’oeuvre de Tchékhov est son humanisme “désengagé”. À l’image du médecin, l’écrivain Tchékhov constate, dépeint, raconte mais ne juge pas.

Dans La steppe, un enfant de huit ans est envoyé à l’école à l’autre bout du pays. Pour pouvoir lui offrir une éducation, sa mère doit s’en séparer, c’est un déchirement. C’est l’oncle de l’enfant, homme d’affaires stressé par les impératifs de son négoce, qui est chargé d’amener l’enfant à bon port. Négociant en laine, il est sur le point d’accompagner le convoi commercial quand, contraint par d’autres affaires urgentes, il s’empresse de “fourguer” le petit au groupe de convoyeurs chargé du transport de la laine. Quel oncle peu scrupuleux, pourrait-on déduire mais ce n’est pas l’objectif du récit, lequel s’articule autour du ressenti de ce tout jeune enfant seul avec des inconnus, face à l’immensité de la steppe.
Dans Salle 6, la nouvelle met en scène un triste héros, le médecin Raguine, aux prises de son examen de conscience où beaucoup de thèmes sont passés en revue : le jeu de pouvoir, la nature de la folie, le pourquoi de la souffrance, la question de la maltraitance…
Dans L’évêque, Tchékhov aborde l’éternel questionnement sur le sens de la vie qu’on ne manque pas de se poser quand la fin s’approche. Et, pour Tchékhov, il était à peine diplômé en médecine quand il a vu cette fin venir. En effet, il n’a que 24 ans quand il contracte la tuberculose, inguérissable à son époque, âge où l’on ne pense qu’à embrasser la vie. Cependant, en l’espace de vingt ans, Tchékhov a inlassablement soigné, sauvé des vies, mis sa famille à l’abri du besoin, amélioré les conditions de vie des bagnards, écrit et révolutionné l’histoire du théâtre. Rien que ça.

“Petite” rentrée littéraire 2017

Il s’agissait bien sûr de la rentrée littéraire d’hiver, de janvier et février 2017. Elle n’a “petite” que dans l’expression car pas moins de 517 romans furent publiés (337 romans français et 180 étrangers sans compter les 74 essais). En ce début d’année de 2017, les grosses pointures se firent discrètes et c’était tant mieux car j’aime sortir hors des sentiers battus !

Ma liste de lecture fut comme suit:

La sonate oubliée par Christiana Moreau (Préludes) : billet sur Goodreads. Le livre ne m’a pas plu du tout. Dommage. (Merci à Préludes pour leur copie sur NetGalley.)
Vie de ma voisine par Geneviève Brisac (Grasset) via NetGalley : billet sur Goodreads. (Merci à Grasset pour leur copie sur NetGalley.)
Lonely Child par Pascale Roze (Stock) via NetGalley. (Merci à Stock pour leur copie sur NetGalley.)
Je vous aimais, terriblement par Jeremy Gavron (Sonatine) via NetGalley: chronique en cours. (Merci à Sonatine pour leur copie sur NetGalley.)
Médecin de combat par Denis Safran et Vincent Rémy (Grasset) via NetGalley. (Merci à Grasset pour leur copie sur NetGalley.)
Mon citronnier par Samantha Berendson : chronique en cours.
Ce que tient ta main droite t’appartient par Pascal Manoukian (Don Quichotte) : un petit mot sur Goodreads.
Romain Gary s’en va-t-en guerre par Laurent Seksik (Flammarion).

La petite fille au dé à coudre par Michael Köhlmeier (Jacqueline Chambon) : billet sur Goodreads. 
Après Anna
par Alex Lake (Flammarion)
 : critique sur Goodreads.

Une France soumise – Les voix du refus  sous la direction de Georges Benssousan (Albin Michel) – En cours de lecture

 

Rentrée littéraire 2016

Livres lus et chroniqués

(Cliquez sur le titre pour accéder à la chronique)
  • De profundis par Emmanuelle Pirotte (Cherche Midi) * Merci Cherche Midi pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • La mésange et l’ogresse par Harold Cobert (Plon* Merci à Plon pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Les forêts profondes par Adrien Absolu (JC Lattès) * Merci à JC Lattès pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Chanson douce par Leïla Slimani (Gallimard).
  • Devenir Christian Dior par François-Olivier Rousseau (Allary Éditions) * Merci à AE pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Le garçon par Marcus Malte (Zulma) (via #MRL16).
  • La ballade de l’enfant-gris par Baptiste Beaulieu (Fayard) (pas de post, mais chronique sur Goodreads) * Merci à Fayard pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Marie des Adrets par Antonin Malroux (Calmann-Lévy) (pas de post, mais chronique sur Goodreads) * Merci à Calmann-Lévy pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • 14 juillet par Éric Vuillard  (Actes Sud) (pas de post, mais chronique sur Goodreads).
  • Petit pays par Gaël Faye (Grasset) * Merci à Grasset pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Anna par Niccolò Ammaniti (Grasset) – Coup de coeur ! * Merci à Grasset pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Le goût de vivre par Steven Uhli (Presses de la Cité) * Merci aux Presses de la Cité pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • L’extase totale. Le IIIe Reich, les Allemands et la drogue par Norman Ohler (La Découverte) * Merci à La Découverte pour leur copie ebook sur Netgalley en échange d’un retour sincère.
  • Monsieur Origami par Jean-Marc Ceci (Gallimard)

 

Lus mais non chroniqués

  • Les derniers jours de Mandelstam par Vénus Khoury-Ghata (Mercure de France) – Coup de coeur ! 5 étoiles !
  • L’autre qu’on adorait par Catherine Cusset (Gallimard) – Coup de coeur ! Mon Goncourt 2016. 5 étoiles !
  • Zinc par David Van Reybrouck (Actes Sud) – Coup de coeur! 5 étoiles !
  • Judas par Amos Oz (Gallimard) (littérature israélienne)  Coup de coeur ! 5 étoiles !
  • Nos 14 novembre par Aurélie Sylvestre (JC Lattès) **** (4/5)
  • À tombeau ouvert par Bernard Chambaz (Stock) *** (3/5)
  • L’archipel d’une autre vie par Andreï Makine (Seuil) **** (3,75/5)
  • Bronson par Arnaud Sagnard (Stock) via Netgalley *** (2,75/5)
  • La nuit avec ma femme par Samuel Benchetrit (Plon) **** (4/5)

 

En cours de lecture

Les contes défaits par Oscal Lalo (Belfond)
Ginette Kolinka par Philippe Dana (Editions Kero) via Netgalley


Nouveaux romans que j’envisageais de lire mais que je vais ajouter à ma PAL déjà pantagruélique :

Au commencement du septième jour par Luc Lang (Stock) via Netgalley
Agatha
 par Françoise Dargent (Hachette) via Netgalley
Cannibales
 par Régis Jauffret (Seuil) (acheté)
La danse des vivants par Antoine Rault (Albin Michel) (acheté)
La suture par Sophie Daull (Philippe Rey) (acheté)
Le grand jeu par Cécile Minard (Payot & Rivages) (cadeau d’anniversaire)
Oscar De Profundis
 par Catherine Mavrikakis (Sabine Wespieser Éditeur) (acheté)
Peschblende par Jean-Yves Lacroix (Albin Michel) (acheté)
Tropique de la violence par Natacha Appanah (Gallimard) (acheté)
Vera Kaplan par Laurent Sagalovitsch (Buchet Chastel) (acheté)
Écoutez nos défaites par Laurent Gaudé (Actes Sud) (acheté)

Et de la littérature étrangère non-anglophone en français

Ce qu’il reste de la nuit 
par Ersi Sotiropoulos (Stock) (acheté) (littérature grecque)
Dans l’île
 par Thomas Rydahl (Belfond) via Netgalley (littérature danoise)
Hôtel Universal
 par Simona Sora (Belfond) via Netgalley (littérature roumaine)
L’échange par Eugenia Almeida (Metaillé) (acheté) (littérature argentine)
L’ultime humiliation
 par Rhéa Galanaki (Galaade Editions) (acheté) (littérature grecque)
Note: je mets ici  The Little Red Chairs par Edna O’Brien que je lirai en anglais, car j’aime beaucoup la maison d’édition, Sabine Wespieser Éditeur, qui a publié le 8 septembre dernier sa traduction en français, Les petites chaises rouges (littérature irlandaise) 


Par ici, les essais de la rentrée littéraire !

Charlotte Delbo, la vie retrouvée par Ghislaine Dunant (Grasset) (acheté)
De bruit et de fureur par Virginie de Clausade (Plon) via Netgalley
Laetitia ou la fin des hommes par Ivan Jablonka (Seuil) (acheté)
Le génie de la laïcité 
par Caroline Fourest (Grasset) via Netgalley
Quatorze mois
 par Carine Russo, publié le 1er août 2016 (Renaissance du Livre) (acheté)
Sans consentement
 par John Krakauer (Presses de la Cité) via Netgalley (traduit de l’américain)
Un roman d’Allemagne 
par Régine Robin (Stock) via Netgalley

 

Mitteleuropa – Olivier Barrot

Gallimard, coll. « Blanche », mars 2015, 112 pages.


Lu le 18/11/16 dans le cadre de l’Objectif PAL

Pour la petite histoire en guise de préambule à ce billet qui sera très court, il est utile de savoir qu’Olivier Barrot est le concepteur et présentateur de l’excellente émission Un livre un jour sur France 3.

Depuis l’adolescence, Olivier Barrot n’a eu de cesse de partir à la rencontre de la Mitteleuropa, cet insaisissable territoire uni au long des siècles par le partage de la langue allemande. C’est en lisant et en voyageant qu’il s’est approprié les mille facettes de cette vaste Europe centrale dont le propre est justement de n’avoir pas de centre, d’être en quelque sorte voisine du monde, et le berceau de tant d’émigrants célèbres.
Exercice de cartographie littéraire, le présent livre raconte les voyages, lectures, films et musiques qui ont permis à Olivier Barrot de renouer petit à petit le fil avec la lointaine Bessarabie, l’actuelle Moldavie, d’où sa famille maternelle est partie un jour, au début du XXe siècle pour s’installer en France. (4e de couverture.)

Mitteleuropa, meine Liebe…

Olivier Barrot sillonna les routes de Mitteleuropa dans les années 60 et 70, c’est-à-dire de l’autre côté du rideau de fer. Ce livre est un recueil des impressions ressenties et expériences vécues lors de ces voyages, agrémentées de références culturelles diverses que ce soit dans le domaine du cinéma, de la littérature, des arts plastiques ou de la musique. On retrouve, entre autres, Alexanderplatz d’Alfred Döblin pour Berlin (littérature) et The Third Man de Carol Reed pour Vienne (cinéma).
Le livre en soi propose une agréable lecture mais on n’en garde que peu après l’avoir refermé. C’est dommage car c’est une livre très fouillé malgré son petit nombre de pages. Pour qu’on puisse être sur d’en tirer le maximum des connaissances qu’il contient, il ne faut pas le classer dans sa bibliothèque avec les récits et romans mais sur les étagères destinés aux livres historiques et/ou de voyage où il peut être consulté à l’envi.

Ma note : 3,5/5

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Idylle avec chien qui se noie – Michael Köhlmeir

Traduit de l'allemand (Autriche) par Stéphanie Lux,
 Ed. Jacqueline Chambon, avril 2011, 96 pages.

Lu le 11/11/2016 dans le cadre de l’Objectif PAL

29511914Quel petit ouvrage intriguant que celui-ci. À prime abord, il s’agirait de la relation entre deux hommes : le premier, le narrateur du livre, est un écrivain à la cinquantaine bien campée qui vit avec son épouse dans une maison au coeur des montagnes autrichiennes ; le deuxième, le Dr Beer, éditeur des livres du narrateur, est invité chez le couple pour travailler sur le manuscrit du troisième livre de l’écrivain. On comprend très vite que recevoir chez lui son éditeur met le narrateur franchement mal à l’aise, ne sachant pas s’il faut le tutoyer, l’appeler par son prénom et autres trivialités du genre. L’épouse du narrateur ne s’inquiète pas de ces formalités non essentielles, elle qui est tout occupée à transformer son salon en jungle tropicale. Bref, il est clair que l’arrivée du Dr Beer va bousculer les habitudes de vie du narrateur jusqu’à pousser celui-ci dans les retranchements les plus secrets de son âme.
Au détour des lignes, on se défait de l’impression que l’histoire concernerait une amitié naissante entre ces deux hommes car on s’embarque sur les chemins du deuil et de la perte, de la solitude et de la création, des questions autour de la parentalité et du couple à un âge où l’on n’en a plus l’habitude d’en parler. Et, enfin, de l’abnégation au service du sens de la vie, à un moment où on ne l’attendait plus, et qui va se manifester de la façon la plus inattendue qui soit jusqu’à former une idylle avec un chien qui se noie.

Ma note : 4/5

Objectif PAL

Eh, oui, malgré toutes ces incroyables nouvelles publications littéraires, il ne faut pas dénigrer les anciennes qui nous attendent sagement sur les étagères de notre bibliothèque, sur un coin de table, sous le lit ou encore sur le repose-pieds dans le cabinet des WC !

À partir du mois de novembre, le temps de lecture sera donc en partie dévolu à la lecture de livres issus de cette PAL (pile à lire), laquelle est gargantuesque, titanesque, prométhéenne. Bref quasi insurmontable. Qu’à cela ne tienne, c’est en forgeant qu’on devient forgeron et comme Rome ne s’est pas construite en un jour non plus, voici le détail de mes maigres tentatives visant à rendre cette PAL de taille plus humaine.

Une sale rumeur – Anne Fine
Léon et Louise – Alex Capus
Idylle avec chien qui se noie – Michael Köhlmeier
La saison des ténèbres – Richard Bausch
Deux messieurs sur la plage – Michael Köhlmeier
Mon frère est parti ce matin – Marcus Malte
Mitteleuropa – Olivier Barrot
The Remains of the Day – Kazuo Ishiguro
Je vous écris dans le noir – Jean-Luc Seigle
Réparer les vivants – Maylis de Kérangal
La meute – Yann Moix
L’extase totale – Norman Ohler 
La steppe – Salle 6 – L’évêque – Anton Tchékhov
Non lavate questo sangue. I giorni di Genova – Concita De Gregorio
Working Stiff – Judy Melinek
Monsieur Origami – Jean-Marc Ceci
The Door – Magda Szabó
The Handmaid’s Tale – Margaret Atwood
Simone, éternelle rebelle – Laurence Briand
D’après une histoire vraie – Delphine de Vigan
Sukkwan Island – David Vann