Sukkwan Island – David Vann

Traduit de l'anglais (USA) par Laura Derajinski, Gallmeister, janvier 2010, 192 pages.

Lu le 23/09/17 dans le cadre de l’Objectif PAL.

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Paru aux États-Unis en 2008 dans un recueil de nouvelles “Légende of a Suicide”, Sukkwan Island est dans sa version originale une novella, c’est-à-dire, selon les standards anglo-saxons, ni une nouvelle car trop long ni un roman car trop court. L’éditeur français a choisi de le publier en y apposant le terme “roman” et c’est tout à fait justifié puisque le livre totalise 192 pages dans sa version grand format et 232 pages en poche dans la collection Folio.

Si vous avez lu D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan et que vous n’avez pas envie de lire du Vann, lisez toutefois Sukkwan Island. Étant donné que je suis assez réfractaire au genre thriller (pas au policier, nuance), j’avais entendu parler de David Vann mais n’avais nullement l’intention d’ouvrir quelconque livre écrit de sa main. Jusqu’à ce que je sorte le dernier opus de de Vigan (magistral, soi-dit en passant) et, là, c’est devenu une urgence (oui, c’était vital) d’empoigner ce Sukkwan Island et de le dévorer tout cru.

Le premier titre de Vann édité en français n’est pas un thriller, c’est encore mieux. C’est un huis clos psychologique au sein d’une famille dysfonctionnelle. Tout ce que j’aime car on est dans le réel, dans le brut, dans la vraie vie. Dans ce huis clos psychologique donc, un fils à l’aube de l’adolescence qui cherche sa voie et son père désaxé suite à une série d’échecs personnels, tentent de s’apprivoiser après des années d’éloignement dû au divorce des parents (le père vit dans l’État de l’Alaska, la mère et les enfants en Californie). Ils espèrent y réussir en s’exilant pour une année dans une cabane isolée sur Sukkwan, une petite île sauvage du Sud de l’Alaska que le père a achetée, loin de tout, où ils devront uniquement compter sur eux-mêmes pour (sur)vivre. Pour ce faire, arrivés sur l’île au commencement de l’été, père et fils s’attelleront à construire un abri pour le bois, un fumoir pour la viande et le poisson et à constituer des vivres en péchant et chassant sans oublier d’amasser suffisamment de bois de chauffage. La rigueur exigée par cette entreprise auront raison des faiblesses du père qui ne sera pas à la hauteur de ce qu’un fils doit attendre d’un parent.

Je n’en dis pas plus mais, mais sachez que quand vous lirez ce livre, vous ne pourrez plus le lâcher tant le suspense est difficilement soutenable. Quand vous lirez Sukkwan Island donc, prévoyez au moins quatre heures de temps de lecture, à ne pas être dérangé(e) et, surtout, ne mangez rien ni ne buvez plus rien à partir de la page 100 (du livre grand format). Sinon, vous le regretterez.

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Ma note : 5/5

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La saison des ténèbres – Richard Bausch

Traduit de l'anglais (USA) par Jamila Ouahmane Chauvin, Collection Folio (Gallimard), juin 2004, 480 pages.

Lu le 17/11/16 dans le cadre de l’Objectif PAL

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Le paisible comté de Fauquier croyait avoir exorcisé les démons racistes du vieux Sud. Et voilà que des lettres de menaces visent Edward Bishop, un quinquagénaire noir, ainsi que Nora Michaelson, la jeune veuve dont il garde le fils Jason. Mais Nora va bientôt découvrir que la violence a plus d’un visage, et que l’homme qu’elle a aimé cachait de lourds secrets… Lorsque des inconnus font irruption chez elle, savoir la vérité devient affaire de survie. Pour Jason et sa mère s’ouvre alors la saison des ténèbres. (Description en 4e de couverture.)

Bien que publié dans la collection blanche de Folio, La saison des ténèbres est un thriller/polar redoutable d’efficacité (polar car il y a le personnage très réussi du flic tourmenté).
On y retrouve les motifs immémoriaux du deuil, de la filiation, de la différence, du malentendu… avec pour thème central le mal sous ses diverses formes et son opposé, la résistance comme unique forme de lutte.

Ma note : 3,5/5