Harry et Franz – Alexandre NAJJAR

Rentrée littéraire 2018

51l-fsyOWPL._SX319_BO1,204,203,200_Description par l’éditeur

– Dans notre travail, monsieur l’abbé, nous nous appuyons tout d’abord sur la rumeur, en partant du principe qu’il n’y a pas de fumée sans feu, puis nous l’étayons par des éléments de preuve réunis par nos soins.
– Et que dit la rumeur dans le cas de Baur ?
– Harry Baur a interprété des rôles de juifs dans plusieurs films, ce qui n’est pas anodin.”

Harry et Franz est le roman d’une rencontre inattendue entre l’un des plus grands acteurs français de l’entre-deux-guerres, Harry Baur, incarcéré et torturé par les nazis, et un aumônier allemand, l’abbé Franz Stock, qui assistait avec abnégation les prisonniers français.

Deux êtres d’exception, à la fois opposés et complices. Un hymne à la paix et à la fraternité à une époque où l’extrémisme, l’obscurantisme et l’arbitraire tenaient lieu de droit.

Mon avis

Autant l’annoncer d’emblée, je n’ai pas aimé l’écriture. Je l’ai trouvée trop linéaire. Ensuite, les protagonistes m’ont semblé trop plats, en 2D au lieu d’en 4D, j’aurais voulu un peu plus d’introspection et d’analyse de leurs états d’âme. Bref, c’est mon simple ressenti.
Le récit est intéressant quoique entièrement romancé : le personnage d’Émilie n’a pas existé, ce n’est pas important, je l’accorde. Ce qui l’est en revanche est de savoir si la rencontre entre Harry et Franz s’est réellement produite. L’auteur nous narre dans la postface qu’il avait l’intuition selon laquelle l’abbé Franz Stock avait rendu visite en prison en tant qu’aumônier au comédien Harry Baur, lequel était incarcéré pour d’obscures raisons paranoïaques dans le chef de l’Occupant nazi. Une intuition confirmée plus tard par une inscription (dans un journal, un registre, j’ai oublié) découverte de façon fortuite (ce qui présupposait aucun effort de recherche de l’auteur dans ce sens) qu’une rencontre avait effectivement eu lieu. Mais était-ce suffisamment pour y baser tout un roman? La réponse peut être par l’affirmative si cette information avait été donnée au lecteur dans une préface au roman. De cette façon, sauf exception d’une interprétation maladroite de ma part, je n’aurais pas confondu faits inventés (roman historique) avec faits réels (histoire vraie romancée).

Ma note : 3/5

© Éditions Plon, 210 pages, 17,90 Euro
Parution le 30 août 2018
ISBN : 978-2-259-26499-0

Merci à PLON pour leur copie sur NetGalley France

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Rentrée littéraire 2018

La voici de retour, cette rentrée littéraire, avec son déferlante de nouveaux titres et où les bestsellers se font la part belle et les pépites se cachent en attente d’être trouvées.
À mon grand dam, il arrive parfois qu’on ne découvre jamais ces dernières ou alors très tard.
Une de mes missions pour cette rentrée littéraire est de privilégier la qualité sur la quantité (donc point de challenge 1% cette année, enfin au rythme où je suis partie, on va frôler les 5 %) en vue d’essayer de trouver le livre qui me fasse vibrer sur le plan littéraire.

 

Livres lus

51l-fsyOWPL._SX319_BO1,204,203,200_Harry et Franz par Alexandre Najjar (Éditions PLON) via NetGalley France : lecture mitigée pour ma part mais aux nombreuses qualités néanmoins. Voir mon billet.

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Un monde à portée de main par Maylis de Kerangal (Éditions Verticales) : une écriture éblouissante au service de l’art du trompe-oeil pour ce roman de formation. Par ici pour mon avis et c’est un coup de coeur 🙂

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Le dernier bain par Gwenaële Robert (Robert Laffont) : la narration, digne du meilleur policier, des jours précédant l’assassinat du sinistre Marat. Excellentissime.

La vraie vie par Adeline Dieudonné (L’Iconoclaste) : un pur produit marketing. Si mon avis vous intéresse, vous pouvez le retrouver sur Goodreads.

41217299À son image par Jérôme Ferrari (Actes Sud) : mon tout premier Ferrari et un autre coup de coeur de cette rentrée. Un roman dense et complexe sur à peine 155 pages à l’écriture précise et émouvante. Ce livre recèle tellement de pistes de réflexion qu’il me faut du temps pour écrire une chronique quelque peu à son hauteur.

 

41197846Tenir jusqu’à l’aube par Carole Fives (Gallimard) : un excellent roman social sur la condition féminine dans nos sociétés occidentales post-modernes.

41215388Frère d’âme par David Diop (Seuil) : les ravages de la Grande Guerre endurées par un tirailleur sénégalais. Ecriture originale, histoire poignante mais fin étrange.

 

 

Pêche par Emma Glass (Flammarion): c’était quoi ce délire ? Une métaphore vegan ? Lu en anglais, je ne vous en parlerai pas.

41543576Elsa mon amour par Simonetta Greggio (Flammarion) : malgré tout l’amour portée par l’auteure à son sujet, cette biographie romancée de la grande Elsa Morante est une légère déception.

41461257Par les écrans du monde par Fanny Taillandier (Seuil) : la journée du 11 septembre 2001 vécue par trois personnages, l’une dans le WTC, l’autre à Logan Airport et le dernier dans le vol AA11, et ce, par l’intermédiaire des écrans.

 

41038825Un tournant de la vie par Christine Angot (Flammarion) : il n’y a qu’Angot pour être un maître l’art de l’auto-fiction et c’est très réussi !

40727963Moi, Marthe et les autres par Antoine Wauters (Éditions Verdier) : une courte dystopie pour découvrir cet auteur belge. J’adore les dystopies et j’aime la littérature belge mais, là, ça n’a pas trop collé…

9782283031353-340fcMade in Trenton par Tadzio Koelb (Buchet-Chastel) : lu en anglais sous le titre original de Trenton Makes, c’est mon premier coup de coeur littérature étrangère (États-Unis) de cette cuvée littéraire 2018. Premier roman fascinant à l’écriture poétique, parfois déroutante, et histoire à la fois originale et perturbante.

 

En cours de lecture

Je reste ici par Marco Balzano (Éditions Philippe Rey) : lecture en italien (Resto qui)

Il est déjà demain par Henri Lopes (Éditions Jean-Claude Lattès) via NetGalley