Devenir Christian Dior – François-Olivier Rousseau

Description par l’éditeur

31930120Voyage dans l’avant-garde artistique des Années folles et dans l’univers effervescent de la mode, cette biographie romancée fait revivre le destin mouvementé d’un créateur d’exception.
Paris, années 1920 : un jeune homme cherche sa voie. Il passe ses soirées au Boeuf sur le toit en compagnie d’artistes déjà célèbres qui tous le reconnaissent comme l’un des leurs. Et pourtant Christian Dior ne sait pas encore comment exprimer son talent. C’est en crayonnant des modèles de chapeaux et en dessinant des robes pour des rubriques de mode qu’il découvre enfin sa vocation. Mais la guerre coupe court à ses ambitions. Démobilisé, Christian Dior rentre à Paris et seconde Lucien Lelong qui se bat contre l’occupant pour garder en France l’industrie de la couture. En 1947, il présente sa première collection : le New Look. Le succès est foudroyant et planétaire. La maison Dior devient l’incarnation du chic français, et son créateur un mythe instantané.

Ce que j’en ai pensé

Avant de commencer ce livre, je me faisais de Christian Dior une autre idée du personnage: grand, flamboyant, arrogant. En fin de compte, j’ai découvert que c’était un homme  timide, réservé, peu sûr de lui dans sa jeunesse, inconscient du talent qu’il possédait jusqu’à ce qu’il le découvrît par hasard ; très superstitieux, pas très grand mais toujours créatif et, ce, même s’il n’en était pas conscient au départ. En “grandissant”, il est devenu progressivement sûr de lui pour enfin devenir le Christian Dior de mon imagination.

C’est une biographie qui se lit aisément, truffée d’anecdotes historiques, où l’auteur a réussi à faire passer l’ambiance caractéristique allant des années de l’entre deux-guerres aux années cinquante.
Par contre, l’émotion n’était pas au rendez-vous : je trouve que le livre survole les événements sans creuser un peu leur surface ; on ne rentre jamais ou très peu dans l’intimité spirituelle de Christian – même si une part belle est faite à ses nombreuses amitiés – si bien qu’après avoir refermé le livre, j’ai encore plus envie de connaître qui était la personne derrière l’immense génie Dior.

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Allary Éditions
EAN: 9782370730985
Parution: 15 septembre 2016
300 pages

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Modern Poisons – Alan Kolok

Modern Poisons: A Brief Introduction to Contemporary Toxicology by Alan Kolok

Book Description by Island Press

27837564Traditional toxicology textbooks tend to be doorstops: tomes filled with important but seemingly abstract chemistry and biology. Meanwhile, magazine and journal articles introduce students to timely topics such as BPA and endocrine disruption or the carcinogenic effects of pesticides, but don’t provide the fundamentals needed to understand the science of toxicity. Written by a longtime professor of toxicology, Modern Poisons bridges this gap.

This accessible book explains basic principles in plain language while illuminating the most important issues in contemporary toxicology. Kolok begins by exploring age-old precepts of the field such as the dose-response relationship and the concept, first introduced by Ambroise Paré in the sixteenth century, that a chemical’s particular action depends on its inherent chemical nature. The author goes on to show exactly how chemicals enter the body and elicit their toxic effect, as well as the body’s methods of defense.

With the fundamentals established, Kolok digs into advances in toxicology, tracing the field’s development from World War II to the present day. The book examines both technical discoveries and their impacts on public policy. Highlights include studies of endocrine-disrupting chemicals in toiletries and prescriptions, the emerging science on prions, and our growing understanding of epigenetics.

Readers learn not only how toxic exposure affects people and wildlife, but about the long-term social and environmental consequences of our chemicals. Whether studying toxicology itself, public health, or environmental science, readers will develop a core understanding of—and curiosity about—this fast-changing field.

My review

Toxicology brought to you in a simple, educative but thoroughly manner. A very enjoyable and informative read.
Everyone should read this book, which is scientific literature made accessible, in order to make responsible choices in our everyday lives concerning use of medication, toiletries, gardening products, etc. Because toxicology is no longer confined in highly secured laboratories but is everywhere around us: in the air we breathe and the water we drink.

This is toxicology for everyone! I hope it will be translated in several languages. A top read.

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Via Netgalley: many thanks to Island Press for a ebook copy in exchange of an honest review.

https://www.goodreads.com/review/show/1785146275

Publisher: Island Press
ISBN: 9781610913829
Pub Date: May 2016

Chanson douce – Leïla Slimani

Description par l’éditeur

product_9782070196678_195x320Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame. À travers la description du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c’est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture.


Ce que j’en ai pensé

Le bouche-à-oreille a fonctionné à plein régime. Laudatif.  En commençant ce livre en vol plané, j’en attendais tellement que l’atterrissage ressemblât à un plat en piscine.

Le premier chapitre donne le ton : Paris, il y a eut un carnage dans l’appartement des Massé au cinquième étage. Un bébé est mort (enfin, il a près de deux ans ce bébé) et sa grande soeur à peine âgée de quatre ans  est en train d’agoniser.
Et, oh surprise, l’assassin n’est pas une mère infanticide mais la nounou de la famille.
Chapitre deux : on retourne dans le passé et commence à retracer l’histoire de ce dramatique fait divers fictif. Comment est-on arrivé à ce massacre ? Là, on fait la connaissance du couple formé par Myriam et Paul et on plante le décor de tout ce qu’il y a de plus “bobo-parigot” tapant en plein dans la caricature :

  • elle -> Myriam a brillamment réussi des études de droit et est devenu avocate. Une belle revanche sur la vie car, étant née en France d’origine maghrébine, ce n’était pas gagné d’avance. Mais… elle ne travaille pas pour se consacrer totalement à ses enfants ;
  • lui -> Paul est un Français 100% de cru normand* et il est… artiste. Musicien et assistant son, il incarne le pur produit franchouillard baba-cool aux jeans délavés et cheveux en broussaille. Le type de garçon sexy avec ce zeste de nonchalance qui en fait un échalas adulescent ayant du mal à se débarrasser de son syndrome de Peter Pan.

La trame de l’histoire :  elle ne travaille pas, lui travaille mais c’est pas Byzance. Ils ont un enfant, une petite fille “difficile” qui tète mal, mais Myriam aime pouponner donc ils ont un deuxième enfant, un petit garçon facile, mais la maman est crevée, elle en a assez de passer ses journées qu’à pouponner alors elle retourne travailler (comme par hasard elle rencontre dans le jardin d’enfants un de ses anciens camarades de fac qui comme par hasard a fondé sa boîte juridique et qui comme par hasard il l’engage presque sur le champ) et elle se consacre corps et âme à son nouveau boulot. Paul décroche entretemps de juteux contrats d’enregistrement en studio pour des musiciens plus ou moins célèbres et, clap 1re, la belle vie commence grâce à l’aisance pécuniaire entrante MAIS que faire des enfants ? Il n’y a pas de place dans les crèches du coin (ils ne se sont pas démenés pour trouver une place non plus). Ni une ni deux : on cherche une nounou. On fait quelques entretiens avec des garde-enfants plus clichées les unes que les autres et on trouve la perle rare qui se matérialise en Louise, la quarantaine avancée, blonde, mince, col Claudine et collier de perles justement.
Et, clap 2e, le conte de fées commence car Louise, c’est Mary Poppins : elle fait tout, tout, tout dans la maison (et les deux c*****s de parents la laissent faire) mais on sait que ça va tourner au vinaigre, donc on attend la description de la descente aux enfers, laquelle… ne vient pas. Ah bon? Ben, non.
Louise, en fait, je l’aime bien, cette Louise avant qu’elle ne commette l’irréparable, car Louise est le seul personnage qui m’ait fait de la peine. Elle n’a vraiment pas eu de bol dans la vie, cette Louise, et, comme Mary Poppins, on ne sait pas d’où elle vient. On sait seulement que, sous ses airs angelots, c’est une Nanny McPhee qui se cache mais ses employeurs n’y voient que du feu puisqu’elle leur facilite tellement la vie, cette merveilleuse Louise.
On sait que Louise a déjà sombré dans la folie enfin, non, ça, ce n’est pas clair non plus. Louise, est-elle déjà folle ou le devient-elle ? Cependant, même si Louise m’a fait pitié, je n’ai pas compris la construction psychologique mise en place pour ce personnage car, malgré les efforts de l’écrivain, Louise ne m’a jamais paru menaçante.
Toutefois, oui, l’histoire est rondement menée ; oui, les phrases sont jolies et finement écrites. Néanmoins, oui aussi, les personnages sont plats – ceux des enfants y compris -, sans profondeur aucune sauf celui de Louise, toute menue soit-elle, qui recèle un tout petit peu d’épaisseur.
De toute façon, au final, cela ne change rien puisque Louise prend le visage de la sorcière dans Hansel et Gretel et je n’ai toujours pas compris comment et pourquoi.

*ou champinois ou lorrain? Je ne me souviens plus exactement de quelle région Paul est originaire. Camembert !

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Gallimard
EAN: 9782070196678
Date parution: 18/08/2016
240 pages

Umberto Eco’s semiotics on Trump’s ideology

The late Italian literary genius, Umberto Eco, was a semiotician. He was an expert on meaningful communication, scientifically known under the name of semiotics – a part of linguistics that studies meaning-making, thus the meaning of language.
In the following article, we can use some semiotic key elements to comprehend the essence of Trump’s ideology: http://lithub.com/umberto-eco-on-donald-trump-14-ways-of-looking-at-a-fascist/

In a world where maths are more valued than linguistics, semiotics may help to untangle the core meaning in all the current speeches and presidential debates in order to understand the true mind of the people who give them and participate in them.

It’s a fact: maths will help you learn how to fly a plane, not how to vote.

Les forêts profondes – Adrien Absolu

Description par l’auteur

9782709658652-001-x_0« Fin décembre 2013, un garçonnet du bout du monde décède de symptômes qu’on associe trop vite à une dysenterie. Tout le monde ignore que, dans un coin de forêt reculé de la Guinée, le virus Ebola vient de prendre sa première victime en Afrique de l’Ouest. C’est là que mon récit démarre : dans le village de Meliandou. Douze mois plus tard, le virus Ebola a touché à la postérité : celle qui s’offre aux grandes calamités, qui, par l’émotion qu’elles suscitent, marquent l’opinion toujours et parfois une époque. Entre temps, l’épidémie Ebola a fait 10 000 morts. Pendant les douze mois de l’année 2014, le temps a été comme suspendu en Guinée, dans une sorte d’état d’urgence sanitaire, où ce sont les humanitaires (MSF, OMS) et les laboratoires de biosécurité qui ont dit ce qu’était la Loi. Pour limiter les infections, on a donc cessé de se serrer la main pour se saluer, d’acheter sur les étals marchands de la viande de brousse boucanée, et même d’aller à l’école. On a pourtant continué à vivre. Et bientôt les légendes de la forêt sacrée et les rites des ancêtres sont venus concurrencer les grands axiomes de la santé publique, dans un inévitable choc des cultures. Ce récit, écrit entre Paris et Conakry, relate ce qui s’est réellement passé en Guinée en 2014. Et qu’on n’a jamais lu. »

Ce que j’en ai pensé

L’auteur de ce livre est ce qu’on appelle un « humanitaire ». Il fait partie de ces hommes et femmes qui partent dans des contrées hostiles pour porter de l’aide. Ca, c’est pour la description plus que succincte et forcément réductrice. La version plus longue nous apprend qu’Adrien Absolu est chef de projets Santé et Protection sociale à l’Agence française pour le développement (AFD). Depuis son bureau à Paris principalement et sur le terrain également, il veille sur la qualité de la mise en œuvre des projets de développement, financés par la France, dans divers pays du tiers-monde dont la Guinée. Ce petit pays de l’Afrique de l’Ouest tient une place particulière dans le portfolio des projets sous sa gestion dont notamment en 2012 un projet de renforcement de l’offre de soins. « L’AFD mettait 10 millions €, l’UE 20 millions, soit le budget annuel du ministère de la Santé guinéen. L’idée était de concentrer les efforts sur une région : la Guinée forestière, très enclavée, très éloignée de la capitale, soumises à de fortes tensions depuis plusieurs années, du fait de sa situation frontalière avec le Liberia, la Côte d’Ivoire et la Sierre Leone, ravagés par des guerres civiles. La région a accueilli beaucoup de migrants, de réfugiés, des milices. Les indicateurs de santé sont parmi les plus mauvais du monde.[1] »

C’est précisément dans cette Guinée forestière, region reculée où l’offre médicale est une des plus réduites du continent qu’éclate l’épidémie d’Ebola en décembre 2013. Ce qui rend tout plus difficile. La prise de conscience d’abord de la survenue de décès rapides et, ensuite, de la propagation exponentielle du virus d’Ebola qui ne se limite plus à rester circonscrit à un territoire donné, s’éteignant d’habitude comme un allumette consumée. Ce n’est que quand des cas se déclarent au Sierra Leone voisin qu’on se rend compte que cette fois-ci le virus ne se comporte pas comme il le fait d’ordinaire. C’est alors le branle-bas de combat de l’urgence sanitaire, Il faut éradiquer cette épidémie d’Ebola anarchique au plus vite. L’avenir de l’humanité est en jeu. On a déjà quatre mois de retard.

Entrent sur scène tous les grands pontes de la santé publique internationale et de l’humanitaire : l’OMS, MSF, etc. La politique est agressive. On débarque en combinaison stérile et étanche dans des villages frappés par Ebola, enfouis au cœur de la forêt guinéenne, dont les noms ne figurent même pas dans mon atlas de salon, et on prend le taureau par les cornes : cadavres emballés dans des sacs noirs étanches et jetés dans une fosse commune où ils sont brûlés ; évacuation manu militari des malades, posés sans ménagement sur des civières branlantes où ils sont emballés comme des bonbons afin d’éviter toute autre contamination. Dans les deux cas, le logement et les affaires du malade/mort sont détruites par le feu et ses proches et contacts placés en quarantaine dans des campements inexistants la veille.
Or, vu sa létalité, faut pas badiner avec Ebola, me diriez-vous. Oui, mais, cette prise en charge agressive peut être acceptée dans nos pays où la chose scientifique est établie et les mesures d’hygiène comprises. Mais, au fin fond de la Guinée, la population comprend-elle ce qui lui arrive ? Bien qu’on ne se l’explique pas, la maladie portée par Ebola peut être vue comme une calamité divine alors que les mesures sanitaires d’urgence sont plutôt interprétées comme des tentatives d’invasion belliqueuse.

C’est ce que le récit point toute au long de cette triste épopée : le fossé d’incompréhension entre notre monde aseptisé, scientifique, hygiéniste, à l’eau potable coulant au détour d’un robinet et à la lumière au bout d’un interrupteur et, ce monde-là, celui des « villages de Guinée, (..), [qui] ont conservé l’aura du temps suspendu et maintenu le respect des rites et des ancêtres qui s’accommodent à merveille d’une vie tournant au ralenti, sans l’électricité, sans le bitume, où les fêtes valent le détour, celles de la récolte d’octobre, où l’on sert aux moissonneurs un festin de riz, de poulet et de viande boucanée, avec le même sentiment du devoir accompli qui parcourait les soirs de fauche les grandes tablées du Gâtinais, où l’âme replète, on trempait son pain dans des assiettes de vin, ou de lait pour les enfants. Bref, une vie paysanne, sage, immuable, répétitive et satisfaisante pour qui a son lopin et aime ses habitudes. »
Sans compter les rivalités internes entre les organismes humanitaires et institutions internationales sous la gouverne des pays occidentaux (qui aura le meilleur vaccin le plus vite ? Hein, qui ?).
Or, la volonté d’éliminer Ebola au plus vite n’a pas supprimé l’émergence des maladies habituelles. Ce n’est pas parce qu’Ebola a débarqué que le paludisme, le diabète, ou même la grippe sont partis en vacances, bien au contraire. On oublie de soigner tout ça et on meurt inutilement d’une affection traitable par faute de soins. Une ineptie humanitaire que ce livre met aussi en lumière.

Ayant récolté entre 3000 et 4000 documents sur l’épidémie Ebola de 2014, Adrien Absolu nous en fait son récit précis et argumenté et livre ainsi sa vision du combat de son éradication.
On a failli perdre la bataille.
La prochaine fois qu’Ebola ressurgira (ne nous leurrons pas, cela se reproduira), espérons que tous les grands pontes de l’aide sanitaire internationale (lisez : les autorités gouvernantes) auront lu le livre d’Adrien Absolu.

Ci-dessous, un extrait du livre résumant un peu l’esprit de ma chronique :

Ce jour-là paraît dans Le Monde, rubrique « Idées », l’opinion la plus stupéfiante qu’il m’ait été donné de lire de toute l’épidémie, sur les trois ou quatre mille documents que j’ai pu avoir entre les mains. Elle est signée d’un économiste, du moins se présentant comme tel, Louis Marsan-Masnières. Je découvre le jour où j’écris ces lignes qu’il tient un blog, louismarsan.fr, à l’interface désuète, compilation de billets consacrés à la dette publique et à la crise grecque, parsemés d’équations impossibles, et j’ai toujours peine à comprendre comment les équipes du Monde en charge de monter ces pages ont pu offrir trois colonnes à cet holibrius. Intitulée « Pour plus d’efficacité dans la lutte contre Ebola », je ne peux évidemment pas retranscrire in extenso sa tribune, mais en voici les « meilleures feuilles » comme on dit. Nous proposons l’idée d’une création de points de fixation des aides, sous la forme de zones franches transfrontalières destinées […] à accueillir et à soigner la population infectée par le virus. Celles-ci jouiraient pour une durée déterminée d’une totale autonomie, elles seraient, pour éviter toute équivoque, placées sous mandat onusien, et bénéficieraient de la protection d’une force armée internationale, dotée de pouvoirs de police étendus. Des structures médicales légères […] seraient dans un premier temps mises en place, avec l’envoi d’un très grand nombre de volontaires médicaux venant des pays développés et bénéficiant d’un statut avantageux d’expatriés […], ce qui impose de ne pas trop regarder à la dépense. […] On trouvera sans problème dans les pays industrialisés les compétences managériales et logistiques nécessaires à la réalisation de ce genre d’opération, pour peu qu’on accepte d’y mettre le prix. […]. La dimension médicale initiale des zones franches pourrait être le prélude à un développement urbain plus conséquent, toujours avec assistance internationale, et un agrandissement de la palette des activités. Déploiement de casques bleus, médecins européens payés vingt fois le SMIC pour fermer les paupières des morts d’Ebola, encadrés par des diplômés d’écoles de commerce et coachés par des consultants de KPMG ou d’Ernst&Young, contrats juteux pour Bouygues ou Vinci ; voilà la grande Idée de Louis Marsan-Masnières, et l’on n’aura même pas en rêve posé la première pierre de cette zone franche que le virus aura déjà foutu le camp trois cents kilomètres plus loin.

Laissons le Pr Olivier Bouchard, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital Avicenne, répondre à la mégalomanie triomphante de LMM, dans un éloge du pragmatisme et presque de la décroissance, paru dans une publication confidentielle, La Lettre de l’Infectiologue : Ce ne sont pas les anticorps monoclonaux de ZMapp® (anecdotiquement utilisés et sans preuve de leur efficacité), ni même les sérums de convalescents et encore moins les futurs inhibiteurs d’ARN polymérase qui vont infléchir la mortalité d’Ebola. À l’inverse, une bonne vieille « réa » de soluté hydroélectrolytique, même accrochée à un clou sous une tente de fortune, mais largement accessible, ferait chuter la mortalité de 70 à 20 %.

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JC Lattès
EAN: 9782709658652
Date parution: 05/10/201
200 pageschallenge12016br

[1] http://www.lalsace.fr/actualite/2016/08/22/adrien-absolu-cultive-le-virus-de-l-alterite

Nutshell – Ian McEwan

Description by the publisher

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Trudy has betrayed her husband, John. She’s still in the marital home – a dilapidated, priceless London townhouse – but not with John. Instead, she’s with his brother, the profoundly banal Claude, and the two of them have a plan. But there is a witness to their plot: the inquisitive, nine-month-old resident of Trudy’s womb.

Told from a perspective unlike any other, Nutshell is a classic tale of murder and deceit from one of the world’s master storytellers.

 

My review

Once again Ian McEwan demonstrates what a masterfully brilliant writer he is!

Who would give second thoughts at being enthusiastic about knowing what a 8-month-old foetus is thinking about the outside world and its inner life? I wasn’t interested at first and wondered what got into McEwan to imagine such a protagonist: a adult conscience in an unborn being???
But then you just get into the story, the foetus character is incredibly believable and slowly you realise you are in a 21st-century retelling of one of the most famous Shakespearean plays: Hamlet.

How can I pretend to write a well-structured review after reading this ingeniously crafted opus? I lay down the arms and show you the way instead to The Guardian’s in-depth review of Nutshell.

Give me my go, my afterlife, paradise on earth, even a hell, a thirteenth floor, I can take it. I believe in life after birth, though I know that separating hope from fact is hard. Something short of eternity will do. Three score and ten? Wrap them up, I’ll take them. On hope – I’ve been hearing about the latest slaughters in pursuit of dreams of the life beyond. Mayhem in this world, bliss in the next. Fresh-bearded young men with beautiful skin and long guns on Boulevard Voltaire gazing into the beautiful, disbelieving eyes of their own generation. It wasn’t hatred that killed the innocents but faith, that famished ghost, still revered, even in the mildest quarters. Long ago, someone pronounced groundless certainty a virtue. Now, the politest people say it is. I’ve heard their Sunday-morning broadcasts from cathedral precincts. Europe’s most virtuous spectres, religion and, when it faltered, godless utopias bursting with scientific proofs, together they scorched the earth from the tenth to the twentieth centuries. Here they come again, risen in the East, pursuing their millennium, teaching toddlers to slit the throats of teddy bears. And here I am with my home-grown faith in the life beyond. I know it’s more of a radio programme. The voices I hear are not, or not only, in my head. I believe my time will come. I’m virtuous too.

Via Netgalley: many thanks to the publisher for this ARC in exchange of an honest review.

 

La mésange et l’ogresse – Harold Cobert

Description par l’éditeur

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« Ce que je vais vous raconter ne s’invente pas. »
22 juin 2004. Après un an d’interrogatoires, Monique Fourniret révèle une partie du parcours criminel de son mari, « l’Ogre des Ardennes ». Il sera condamné à la perpétuité. Celle que Michel Fourniret surnomme sa « mésange » reste un mystère : victime ou complice ? Instrument ou inspiratrice ? Mésange ou ogresse ?
Quoi de plus incompréhensible que le Mal quand il revêt des apparences humaines ?
En sondant les abysses psychiques de Monique Fourniret, en faisant résonner sa voix, jusqu’au tréfonds de la folie, dans un face à face tendu avec les enquêteurs qui la traquent, ce roman plonge au coeur du mal pour arriver, par la fiction et la littérature, au plus près de la glaçante vérité.

Ce que j’en ai pensé

Ceux qui me connaissent savent que je n’abonde pas de passion pour le thriller, surtout pas pour ceux qui versent dans le glauque le plus gluant. Comme on se nourrit de ce qu’on lit, je vous épargne la description du délabrement mental occasionné par la lecture coup sur coup de Misécorde par Jussi Adler-Ossen et cinq thrillers par Maud Tabachnik.

Cette année-là, j’ai donc décidé que les thrillers étaient finis pour moi (à l’exception de mon “chouchou du genre”, à savoir le maître incontesté de l’horreur de tous les temps, Stephen King).

Mais, thriller n’est pas nécessairement polar alors que polar peut être à suspense. Vous me suivez ? Non ? C’est pas grave, moi non plus. Disons que j’aime les polars à la Simenon, à la Mankell. Ah ! Maigret, Wallander… ! J’aime ces flics un peu déboussolés, calmes, ténébreux, torturés, fumant la pipe ou la sèche, avec une épouse fidèle ou en crise maritale, tellement différents mais si semblables dans leur poursuite de la vérité. Comme je les aime ! et, donc, comme j’ai aimé le commissaire Jacques Debiesme ainsi que son équipe d’inspecteurs dont la caractéristique principale est leur humanité avec un grand H.
Car, d’humanité, on en a grandement besoin lorsqu’on s’attèle à décrire les crimes commis par le couple infernal Fourniret. Qu’on se rassure, la qualité d’écriture est telle que la description des violences subies par les victimes est réalisée avec beaucoup de discernement et de respect sans jamais verser dans le sordide ni le voyeurisme. Que cela ne déplaise à certains mais savoir quels ont été les derniers instants des victimes de ces monstres, c’est reconnaître pleinement l’horreur qu’elles n’auraient jamais dû vivre. Par ailleurs, l’assassin est un personnage secondaire, car ce livre est aussi un poignant hommage aux jeunes filles assassinées.

Ce roman du réel s’articule en quatre temps, imbriqués l’un à la suite de l’autre, sans ordre précis en fonction de la temporalité du récit :

  • les crimes relatés par l’angle des victimes (l’auteur les nomme sous un pseudonyme) ;
  • les pensées prêtées à Monique Olivier, épouse Fourniret, par lesquelles on découvre l’histoire de sa vie ; on tente de déchiffrer sa personnalité ; on assiste à la rencontre avec son futur mari et, enfin, à la mise en place de leur mode de fonctionnement en tant que couple, une synergie à finalité meurtrière entre deux rebus humains d’une médiocrité sans pareil ;
  • l’enquête policière proprement dite par le biais des auditions de Monique Fourniret ;
  • les états d’âme des courageux policiers et comment ils font face aux innombrables embûches auxquelles ils sont confrontés afin de pouvoir mettre Michel Fourniret hors d’état de nuire ad vitam eternam.

Vivant en Belgique au moment de l’arrestation du monstre aux lunettes rondes d’argent, à l’aube de l’ouverture du procès d’autres monstres du même genre, l’ogre à la moustache noire et de sa lâche de femme aux longs cheveux jaunes, je me souviens des grands moments de l’enquête – dont le point d’orgue fut la découverte de la participation de Monique Olivier dans les crimes, elle, une mère de famille (encore une !) – ainsi que, plus tard, du procès à Charleville-Maisières. Cependant, avant de lire La mésange et l’ogresse, j’étais bien loin de me rendre compte des tenants et aboutissants de cette enquête policière et du scandale judiciaire, lequel pendait au nez du Royaume, un comble après la série effroyable de méprises et d’incompétences flagrantes dans l’enquête sur les enlèvements de Julie & Mélissa, An & Eefje.

Harold Cobert signe ici un thriller policier haletant, assorti d’une esquisse psychologique d’une rare profondeur, le tout porté par une grande humanité.

Pour ne jamais oublier.

coup-de-coeur

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Plon
ISBN: 9782259230421
ISBN numérique: 9782749151052
Date parution: 18/08/2016
424 pages

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